Elections législatives : une vague, pas une déferlante

Si la victoire des candidats de La République en marche est massive, le fort taux d'abstention signifie, selon les quotidiens, que les électeurs ont refusé toute "carte blanche" au président de la République, à l'occasion du 2nd tour des élections législatives.

La victoire de la République En marche!, et de son allié le Modem, forts de 350 députés, fait la "une" des quotidiens. "Le pari gagné", titrent Les Echos, qui soulignent que "La République en marche dispose de la majorité absolue", mais ajoute que "la vague est moins forte qu'attendue et l'abstention est élevée".

Dans son éditorial aux Echos, Etienne Lefebvre constate que cette majorité, Emmanuel Macron "l'a désormais, au-delà de toutes les espérances. Cela facilitera indiscutablement sa tâche, mais cela accroit aussi les attentes". "Reste à savoir à quoi va servir cette Assemblée nationale totalement chamboulée", s'interroge-t-il.

"Après l'Elysée, l'Assemblée", titre Le Figaro, pour qui "le second tour a donné à Emmanuel Macron une large majorité absolue", tandis que LR et le PS reculent un peu moins que prévu, mais subissent l'un et l'autre un échec historique. "Attention cependant ! En dépit des apparences, il n'aura pas la tâche facile. Car si Emmanuel Macron a en main toutes les cartes du jeu institutionnel, il lui en manque une - décisive - lorsqu'il s'agit d'entraîner le pays : c'est l'adhésion populaire. 24 % des suffrages exprimés par 79% du corps électoral au premier tour de la présidentielle, 30% de 50% pour ses candidats aux élections législatives : les résultats électoraux disent d'eux-mêmes cette fragilité", analyse le directeur du Figaro, Alexis Brézet.

"Macron fait chambre à part", ironise Libération en "Une". Le quotidien constate également la "majorité écrasante" obtenue par le mouvement d'Emmanuel Macron et que "droite et gauche résistent un peu mieux que prévu". "Il y a un an, Emmanuel Macron n'avait rien ou presque dans la République, sinon un fragile maroquin dans un gouvernement en bout de course, écrit Laurent Joffrin dans Libération. Aujourd'hui, il a tout. Venu de nulle part, Macron est désormais partout." "Ni droite, ni gauche : ce fut le mantra de la campagne. Le macronisme va-t-il se doter sans le dire d'un nouveau slogan : ni gauche, ni gauche ? Ce serait un détournement de vote", conclut l'éditorialiste de Libération.

Pour La Croix, c'est "un succès terni par l'abstention", qui a atteint un nouveau record de près de 57%. "Les opposants au président de la République se sont, certes, démobilisés ces deux derniers dimanches, mais cela ne signifie pas qu'ils ont adopté sa vision pour la France, ni qu'ils sont prêts à entériner les transformations qu'il envisage.", tempère Jean-Christophe Ploquin dans son éditorial.

Enfin, "Carton plein et urnes vides pour Macron", titre L'Humanité pour fustiger "le triste record de l'abstention". Dans son éditorial, Patrick Apel-Muller conteste la légitimité de la victoire de La République en marche : "Emmanuel Macron détient les pleins pouvoirs à l'Assemblée, mais le pays ne les lui a pas accordés. Les 58% d'abstention – un record absolu pour des législatives sous la Ve République – signent un tremblement de terre démocratique, une motion de défiance à l'égard de l'édifice politique qui se dessine."

 

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John Sutton

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