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Elections européennes : les principaux thèmes de la campagne

Les électeurs Français iront voter, le dimanche 26 mai 2019, pour élire leurs eurodéputés. En lice, 34 listes et autant de programmes, ce qui constitue un record pour des élections européennes. Passage en revue des thèmes majeurs développés par les principaux candidats : le protectionnisme, l'écologie, l'immigration, l'Europe sociale.

Dimanche 26 mai 2019, les Français devront choisir les 79 eurodéputés (sur 751) qui représenteront leur pays au Parlement de Strasbourg à partir de 34 listes. A la veille de cette élection à un tour, divers journaux ont réalisé des comparatifs à partir des différents programmes. Deux thèmes ont particulièrement émergé au cours de la campagne des principaux candidats.

Premier thème commun, note Le Monde : le protectionnisme, "jadis l'apanage des eurocritiques". Désormais, "du Rassemblement national (RN) à La France insoumise (LFI), en passant par Europe Ecologie-Les Verts (EELV) ou La République en marche (LREM), tous veulent un plus grand contrôle du libre-échange pour mieux protéger le marché européen."

En résumé, indique Le Figaro du 18 mai (page 2) qui met "au banc d'essai" les programmes des plus grandes formations, une majorité d'entre eux s'opposent à une Union européenne libérale et à la "concurrence déloyale". Même Les Républicains se plient à cette rhétorique, qui était jusqu'alors celle des communistes, socialistes et écologistes, souligne le quotidien.

L'écologie, complète Le Parisien, a également été mis en avant par l'essentiel des listes pendant la campagne. Ce thème est même devenu "une priorité… plus ou moins contraignante". En effet, alors qu'EELV revendique un "protectionnisme vert" via l'instauration d'une taxe carbone aux frontières de l'Europe (taxe carbone également souhaitée par LRM), les Insoumis évoquent un "protectionnisme solidaire", mesure quasiment identique à celle des Républicains et leur "barrière écologique", laquelle vise à mettre en place des "droits de douane pour les produits qui ne respecteraient pas les normes environnementales européennes".

Sur la question de l'immigration, enchaine Le Monde, la plupart des candidats s'accordent pour renforcer les frontières extérieures de l'Union européenne (UE). Toutefois, souligne Le Parisien, "entre le programme de la liste macroniste de Nathalie Loiseau et celui du lepéniste Jordan Bardella, on trouvera des nuances, mais sûrement pas un fossé abyssal". Nuances en partie détaillées par Le Point : "Si le RN souhaite mettre fin à la libre circulation des personnes avec le rétablissement des frontières nationales", Les Républicains optent pour un rétablissement des frontières nationales seulement "si les frontières extérieures de l'Europe sont inefficaces."

"En réalité, analyse Le Figaro, les clivages entre les listes ne portent pas sur l'horizon partagé d'une Europe plus protectrice et plus respectueuse de l'environnement, mais plutôt sur les méthodes pour y parvenir". A ce titre, trois tendances se dessinent. La première aspire au changement "sans sortir des traités en vigueur". Dans le camp de ces "proeuropéens" figurent LR, le Parti socialiste (PS)-Place publique (PP), l'Union des démocrates et indépendants (UDI) et LRM. De leur côté, les "eurosceptiques" militent pour un changement de l'UE de l'intérieur. C'est le cas du RN, de LFI, du Parti communiste français (PCF) et de Debout la France (DLF). A l'image du PCF, plusieurs partis refusent par exemple de soumettre le budget de la France à la Commission européenne, souligne Le Parisien. Dernier camp, poursuit Le Figaro : celui des "pro-Frexit", représenté par l'Union populaire républicaine (UPR) et Les Patriotes, deux listes réclamant la "libération nationale" pour atteindre la "démocratie".

Parmi les autres divergences de vue, certaines concernent l'Europe sociale : quand la gauche et LREM souhaitent harmoniser les Etats européens via un salaire minimum adapté à chaque pays, la droite, l'UDI et le RN s'y opposent. Aux yeux de ce dernier parti, rapporte Le Parisien, un Smic européen conduirait à "l'effondrement des salaires et donc du pouvoir d'achat dans les pays d'Europe occidentale". De son côté, LFI estime qu'il devrait être à 75% du salaire médian et le PCF à 60%. Au-delà du Smic, le PS-PP milite pour instaurer un minimum vieillesse dans chaque pays, de même que l'extension du congé parental et la TVA à 0% sur les produits de première nécessité.

"Pour sa part, outre la proposition d'une nouvelle Constitution européenne, la liste Génération-s voudrait voir se mettre en place un impôt sur la fortune européen ainsi qu'un revenu universel "étendu à l'ensemble du continent et financé par la BCE et toute entreprise lors de son introduction en Bourse." Quant à EELV, la liste encourage "un accompagnement social des plus précaires et vulnérables sur le plan énergétique".

Hormis les principales têtes de liste, reste dans cette élection la longue énumération des plus petits candidats. Pour caricaturer, écrit Le Point, la situation les concernant pourrait se résumer de la sorte : "Une idée, une liste." Il en est certaines qui prônent la décroissance, le bien-être des animaux, une meilleure qualité de vie en banlieue, d'autres qui se battent contre l'abstention, pour le vivre-ensemble, pour la pratique de l'espéranto, pour les oubliés de l'Europe, pour l'initiative citoyenne ou encore pour la liberté, l'égalité et la fraternité. Ces listes ne se font "aucune illusion sur leur capacité à faire élire l'un des leurs", écrit Michel Richard dans son édito, "mais saisir l'occasion de se faire entendre, d'exister, fût-ce fugitivement, le temps d'une campagne officielle, c'est toujours bon à prendre".

En bref

Tendances du temps de travail des Européens

Les Français passent en moyenne 37 heures par semaine au travail : c'est davantage que certains de nos voisins comme l'Allemagne (35 heures), le Danemark (33 heures) ou les Pays-Bas (30 heures).

A l'inverse, les Grecs travaillent 42 heures par semaine, les Polonais 41 heures. Notons cependant que si 85% de la population est active en Allemagne et 82% aux Pays-Bas, seuls 74% le sont en Grèce et en Pologne où les carrières sont plus courtes. France info

La Fonction publique française : une référence européenne

Dans un entretien, Joël Mekhantar, professeur de droit public à l'université de Bourgogne, estime que la Fonction publique française est "un modèle statutaire, envié dans le monde entier et qui a fait ses preuves", au point d'inspirer les institutions européennes dans leur organisation. Sud-Ouest

Les cigarettes estampillées en Europe

Conformément à une directive européenne d'avril 2014, chaque paquet de cigarettes destiné au marché européen doit désormais être muni d'un étiquetage spécifique. Celui-ci comporte une série de codes, auxquels s'ajoute une vignette semblable à un timbre fiscal, laquelle est dotée de cinq signes d'identification similaires à ceux des billets de banque. Ce dispositif est destiné à assurer la traçabilité des paquets et à mieux combattre les trafics. Les Echos

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)