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Elections 2012 : l’Apajh demande de « rétablir le droit universel à la santé »

La Fédération des associations pour adultes et jeunes handicapés (Apajh) a rendu public le 29 février son pacte 2012 pour "réussir l'intégration républicaine du handicap". Il comporte dix engagements demandés aux candidats aux élections présidentielles et législatives. Trois d'entre eux visent à "établir le droit universel à la santé". Explications de Jean-Louis Garcia, président de l'Apajh.

Quelles sont les difficultés d'accès aux soins que rencontrent les personnes en situation de handicap ?

Jean-Louis Garcia – L'accès aux soins n'est pas organisé pour les personnes en situation de handicap dans notre société, qui sont de fait trop souvent exclues du droit à la santé. Les professionnels de santé sont insuffisamment formés. Durant ses études, un médecin n'a que 7 heures de cours consacrées à toutes les formes de handicap : mental, moteur, sensoriel.

Quand un enfant autiste a une carie, bien souvent le dentiste lui arrache la dent sous anesthésie générale. C'est de la maltraitance ! Le handicap de cet enfant fait qu'il n'ouvre pas la bouche facilement, s'il n'est pas en confiance. Le dentiste devrait pouvoir prendre le temps nécessaire pour lui conserver sa dent et la traiter.

Autre exemple : une femme en fauteuil roulant qui est réceptive aux messages de prévention se rend chez le gynécologue pour un dépistage du cancer du col de l'utérus. Dans le meilleur des cas – et c'est rare – le cabinet du médecin est accessible. Mais la table gynécologique ne l'est pas et le frottis ne peut pas être réalisé ou alors il est fait dans des conditions douloureuses inacceptables.

Or, l'on sait pourtant que la prévention permet à la société de réaliser des économies et de bien traiter la personne. Une table de gynécologie accessible le sera aussi pour une personne âgée ou pour une jeune fille dont la jambe est fracturée. Il ne faut pas vivre le handicap et ses conséquences comme une charge mais comme un investissement pour la société toute entière !

Vous demandez aux candidats aux élections de "rétablir le droit universel à la santé". Qu'entendez-vous par là ?

Jean-Louis Garcia – Un grand nombre de personnes en situation de handicap vivent sous le seuil de pauvreté, évalué en France à 900 euros par mois. Bien souvent, ces personnes ne perçoivent que l'allocation pour adulte en handicapé (AAH) d'un montant de 720 euros/mois.

Or, ce revenu, supérieur de 72 euros au plafond de la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C), les exclut d'office de ce dispositif. De plus, certains conseils généraux financent l'accès à la CMU-C pour les allocataires de l'AAH dans leur département et d'autres non. Cela créé donc des inégalités selon les régions.

Il faut rétablir l'égalité républicaine à la santé sur l'ensemble du territoire. Il faut aussi que le fait de percevoir l'AAH ouvre directement le droit à la CMU-C. Pour toutes ces raisons, nous sommes sur la même ligne que la Mutualité Française qui demande un droit à la complémentaire santé pour tous !

Comme l'ensemble de la population, les personnes en situation de handicap vivent de plus en plus longtemps. Quelles sont vos priorités en matière de dépendance ?

Jean-Louis Garcia – Nous voulons que ce dossier soit pris à bras le corps par les pouvoirs publics ! La réforme de la dépendance, chantier prioritaire mais avorté du gouvernement Sarkozy, en excluait le handicap. Nous demandons donc aux candidats aux élections de s'engager sur le champ du handicap au même titre que la dépendance de nos aînés. Nous voulons aussi que le monde associatif et mutualiste soit associé à la gouvernance de la caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA).

Propos recueillis par Ghislaine Trabacchi

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)