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Election au Cese : une politisation « à l’extrême »

Dans un entretien au Nouvel Observateur, le président de la Mutualité Française s'indigne de l'hyperpolitisation de l'élection à la présidence du Conseil économique, social et environnemental (Cese), à laquelle il est candidat. Jean-Pierre Davant fait part de son incompréhension vis-à-vis de Nicolas Sarkozy qui profite de la réforme du Cese pour "envoyer des hommes et des femmes qui sont avant tout des amis politiques".

Pour Jean-Pierre Davant, les "bornes de l’acceptable" sont dépassées. Dans un entretien au Nouvel Observateur (page 80), le président de la Mutualité Française fait part de son incompréhension et de son indignation à propos de l’élection à la présidence du Conseil économique, social et environnemental (Cese), à laquelle il est candidat.

Incompréhension vis-à-vis de Nicolas Sarkozy. Si Jean-Pierre Davant approuve la réforme du Cese initiée par le chef de l’Etat en l’ouvrant "à des forces associatives qui n’étaient pas – ou mal – représentées", il regrette qu’aujourd’hui le président de la République et son gouvernement "foulent aux pieds les principes qu’ils ont eux même érigés".

Jean-Pierre Davant en veut pour preuve la nature des personnalités qualifiées nommées récemment par l’exécutif. "Je suis stupéfait qu’il profite de ce droit pour nous envoyer des hommes et des femmes qui sont avant tout des amis politiques. Deux conseillers de l’Elysée viennent d’être désignés et non des moindres : Raymond Soubie et Pierre Charon. J’en passe et des meilleures !", déplore le président de la Mutualité Française.

Cette "politisation à l’extrême" d’une assemblée chargée de représenter la société civile, trouverait son illustration si Jean-Paul Delevoye devait être élu président. "Un homme qui est, certes respectable, mais qui a été ministre, député, candidat à une présidence de région et à la présidence de son parti. Rien de moins !", commente Jean-Pierre Davant. Avant d’ajouter : "Je lis ici ou là qu’en le poussant à la présidence de Cese, on cherche surtout à le dégager de son poste de médiateur [de la République] ! Quel manque de respect pour notre assemblée si tout cela est vrai. Cela dit, s’il ne s’agit que d’un jeu de chaises musicales dans les cercles du pouvoir, pourquoi l’accompagner d’une hyperpolitisation dans les nominations des nouveaux conseillers ?"

Au final, tout ce contexte laisse Jean-Pierre Davant pour le moins dubitatif : "On rénove, puis on piétine la réforme qu’on a soi-même initiée. Il y a dans tout cela un manque de logique qui me laisse perplexe".

Candidat de la société civile, Jean-Pierre Davant estime que le Cese "pour rester crédible, doit jouer tout son rôle, rien que son rôle, qui est d’abord consultatif. […] Deux élus de l’UMP viennent de proposer la suppression du Cese au motif qu’il coûte trop cher et ne travaille pas assez. Est-ce notre faute si le gouvernement ne l’a saisi qu’à deux reprises depuis 2007 ?" Pour sa part, le président de la Mutualité Française a "des projets" pour rendre cette assemblée "plus vivante et plus dynamique".

Sabine Dreyfus, Jean-Michel Molins et John Sutton