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Ehpad : renforcer la recherche sur la maladie d’Alzheimer

Plus des deux-tiers des personnes âgées dépendantes résidant en Ehpad souffrent de maladies neurodégénératives. Pour le Pr Etienne Baulieu, professeur au Collège de France, il est nécessaire de renforcer la recherche sur la maladie d'Alzheimer pour sortir ces établissements d'une situation tendue.

La crise qui secoue les établissements hébergeant des personnes âgées dépendantes (Ehpad) est d'ordre budgétaire et de recrutement de personnels. La ministre de la Santé a d'ailleurs dégagé 50 millions d'euros. "Somme considérable, mais somme dérisoire quand elle est ramenée à l'unité concernée : 66.000 euros par établissement ou moins de 100 euros par personne hébergée", estime le Pr Etienne Baulieu, ancien président de l'Académie des sciences, dans une tribune aux Echos. "Mais surtout, qui peut espérer que la course entre la spirale des coûts et celle des recettes aboutisse à un plus grand confort des patients et de meilleures conditions de travail des personnels ?", ajoute-t-il.

Trouver une place en Ehpad relève du parcours du combattant et le coût mensuel représente environ le double de la retraite moyenne. Pour Etienne Baulieu, "la seule solution est de réussir à détecter et à prévenir ces maladies" neurodégénératives, qui "se développent pendant quinze ou vingt ans, période pendant laquelle on pourrait intervenir, bloquer le processus délétère, avant même que les symptômes cognitifs ne soient manifestes".

Cela implique, selon lui, de "consacrer des moyens importants à la recherche ". "Or, dénonce-t-il, les maladies neurodégénératives sont négligées et ne font l'objet d'aucun financement spécifique". L'an dernier, l'Agence nationale de la recherche n'a attribué aucun financement à ce titre. Le plan Alzheimer était principalement destiné au suivi des malades, rappelle Etienne Baulieu. "A l'Inserm, mon laboratoire a rempli demande sur demande. Aucune n'a été retenue", déplore-t-il. "Seuls les financements rythment aujourd'hui l'avancée d'une recherche, dont je pense, si ma crédibilité à quelque poids, qu'elle pourrait changer la donne", conclut-il sur une note d'espoir.

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John Sutton

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