Egalité des sexes : les femmes toujours pénalisées sur le marché du travail

A l'occasion de ce mardi 8 mars 2016, Journée des droits des femmes, l'Insee publie une étude baptisée "Regards régionaux sur l'égalité" montrant que, pour les femmes, de bonnes performances au cours des études ne sont pas forcément gage de réussite professionnelle.

Dès le début de leur parcours, observe l'institut, les femmes ont pourtant tout pour réussir. Sur le plan scolaire, "qu'il s'agisse de son déroulement, des compétences acquises, des résultats aux examens ou du taux de diplômés", elles ont en général mieux réussi que les garçons. Au baccalauréat, rapportent par exemple Les Echos (page 4), leur taux de réussite s'élevait à 93,1% en 2013, alors qu'il n'était que de 90,8 % pour les garçons.

Pour la suite du cursus, 37,7% des femmes âgées de 25 à 54 ans étaient diplômées du supérieur en 2011, contre 31,60% pour les hommes. Seules deux régions échappent à ce constat : la Bretagne et les Pays de la Loire, où l'écart de réussite scolaire se réduit entre les sexes grâce à de meilleurs scores des garçons.

C'est après les études que les choses se gâtent pour les femmes. Car, indique l'Insee dans Le Figaro (page 10), dans toutes les régions, les hommes sont toujours mieux lotis sur le marché du travail que les femmes.

Comprendre mieux lotis sur le plan salarial, et par rapport à l'emploi occupé. En effet, les postes de femmes sont plus fréquemment inférieurs à leur niveau de diplôme.

Ces différences se font un peu moins sentir en Ile-de-France, puisque "c'est la région qui compte le plus de cadres et où les places pour les femmes diplômées de l'enseignement supérieur sont donc plus nombreuses", commente Jérôme Fabre, du pôle emploi et démographie de l'Insee. De même, le taux de chômage des femmes y reste supérieur +0,4 % à celui des hommes, même si cet écart est plus réduit que dans d'autres régions.

Côté rémunérations, toujours en Ile-de-France, les femmes perçoivent de 20% à 21% de moins que les hommes. Au niveau national, cet écart s'élève à 19%.

C'est pour les salaires des postes élevés que cet écart est le plus prononcé : le salaire des femmes cadres est inférieur de 23,5% à celui des hommes.

Ces inégalités sont en partie liées "à des écarts de situation familiale, de modes de cohabitation et de transports", remarquent Les Echos. Il faut dire que les femmes quittent plus tôt que les garçons le domicile parental, sont souvent parents plus jeunes, alors qu'elles n'avaient pas forcément envie d'être mères. C'est pour lutter contre toutes ces inégalités que Carine Favier, coprésidente du Planning familial, écrit dans une tribune publiée par L'Humanité (page 2) : "Aujourd'hui, ce combat est toujours d'actualité : prendre en compte les inégalités et discriminations croisées (sociales, économiques, liées au genre), traquer les idées reçues qui participent à la construction des inégalités, soutenir les luttes des personnes minorisées (situation des femmes étrangères, reconnaissance de la sexualité des personnes en situation de handicap, droits des prostituées, accès à la PMA) est indissociable de notre combat pour une société plus juste !"

En bref

Social

  • "Interruption volontaire de grossesse : le parcours de soins remboursé à 100%." Cet automne, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, avait annoncé que le parcours de soins pour une interruption volontaire de grossesse (IVG) serait remboursé intégralement par l'assurance maladie. L'arrêté ministériel a été publié hier au Journal officiel avec effet au 1er avril. Aujourd'hui, l'acte lui-même est pris en charge à 100%, mais il reste des frais liés aux consultations, aux échographies et aux examens biologiques. Les Echos page 2.
  • "Dialogues de sourds sur la loi travail." Après une première journée de rencontres avec les partenaires sociaux (CFTC, FO, CGT, CFDT et CGPME), le Premier ministre, Manuel Valls, a laissé entendre que la réforme du Code du travail ne passerait pas en force, mais qu'il entendait "enrichir et compléter" le texte. Ce qui pourrait satisfaire les syndicats réformistes, et particulièrement la CFDT, qui demande le retrait du plafonnement des indemnités prud'homales, des nouveaux critères de licenciement économique et de l'assouplissement des 35 heures. Pour autant, Laurent Berger, le numéro un de la CFDT, a déclaré qu'il "jugerait aux actes et aux écrits" s'il avait été écouté. Le Figaro page 6, Le Monde page 9, Le Parisien/Aujourd'hui pages 2 à 4, Les Echos pages 2 et 3, et L'Humanité page 7.

Santé

  • "L'infarctus en progression chez les jeunes femmes." Selon le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (InVS) publié hier, l'infarctus du myocarde chez les femmes de 45 à 54 ans a augmenté de 5% par an depuis 2008. Plus exactement, 25% des infarctus chez la femme surviennent avant 65 ans, contre 15 % en 2002. Cause principale : l'augmentation de la consommation de tabac, de l'alcool et de nouvelles habitudes alimentaires. Les hommes sont de leur côté cinq fois plus nombreux à être victimes de crises cardiaques avant cet âge. Enfin, sur les 61.611 patients hospitalisés en 2013 pour un infarctus du myocarde, 4.756 étaient des femmes de moins de 65 ans et 21.552 des hommes de moins de 65 ans. Le Figaro page 11 et Le Parisien/Aujourd'hui page 9.
  • "Essais cliniques de Rennes : des questions toujours sans réponse." Près de deux mois après l'affaire de l'essai clinique de Rennes, on ne sait toujours pas ce qui a provoqué le décès d'un des volontaires et les effets indésirables sur quatre autres, dont deux graves. Seule certitude ! "C'est clairement la molécule qui est en cause", a déclaré, Dominique Martin, le directeur général de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Libération page 8 et Le Parisien/Aujourd'hui page 9.

Et aussi

  • A la fin des années 1980, comme à la fin des années 1990, on comptait 10 cas d'accident vasculaire cérébral (AVC) pour 100.000 personnes, hommes et femmes confondus, de moins de 55 ans. Dans les années 2000, ce résultat a doublé, pour atteindre 20 cas pour 100.000. Le Figaro page 11.
  • Un pictogramme devrait être prochainement apposé sur les boîtes de l'antiépileptique Dépakine®, afin de prévenir les futures mères des risques de malformations et de retard chez les enfants à naître. Le Parisien/Aujourd'hui page 9.
  • L'épidémie de sida repart à la hausse en Russie. La Croix pages 13 à 15.
Frédéric Lavignette

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