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Economies de 50 milliards : familles et retraités mis à contribution

Les mesures destinées à trouver 50 milliards d’euros d’économies sur trois ans seront présentées par le gouvernement au plus tard le 23 avril, mais des premières pistes émergent d’ores et déjà. Selon Les Echos (page 2), l’ensemble des prestations familiales et des retraites seraient concernées. Celles-ci se verraient "provisoirement désindexées, c’est-à-dire qu’elles ne progresseraient plus aussi vite que l’inflation l’an prochain", ce qui est d’ordinaire le cas.

"Le scénario sur lequel travaille l’exécutif consisterait à les faire progresser de 1 point de moins que l’inflation" en 2015, permettant ainsi une économie de 2 milliards d’euros en rythme annuel. Plus de 15 millions de retraités et près de 7 millions de foyers avec enfants seraient touchés par cette mesure. En revanche, le minimum vieillesse, le RSA (revenu de solidarité active), l’allocation adulte handicapé (AAH) ou encore les aides au logement ne devraient pas être concernés par la désindexation, qui ne devrait pas durer plus d’un an.

En outre, complète Le Monde (page 6), le gouvernement pourrait décider, dans le cadre d’une refonte des minima sociaux, de "rapprocher l'allocation spécifique de solidarité (ASS), réservée aux chômeurs en fin de droits, du RSA". Il est aussi question de déduire de l’ASS une partie des aides au logement, comme pour le RSA.

Comme le rappelle ce quotidien, sur les 50 milliards du plan d’économies, 21 milliards proviendront de la Sécurité sociale, dont une dizaine seront dégagés de l’assurance maladie. La ministre de la Santé, Marisol Touraine, s’est d’ores et déjà voulue rassurante : aucun déremboursement n’affectera les assurés. La chirurgie ambulatoire sera en revanche mise en avant, "ce qui devrait permettre d’économiser au minimum plus de 1 milliard d’euros". Une orientation qui ne se traduira pas par des fermetures d’hôpitaux, a assuré le secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen.

En revanche, certaines "transformations" pourraient permettre d’importantes économies, grâce notamment à l’amélioration des politiques d’achats, « ou en mutualisant les fonctions administratives », rapporte Le Monde. Dernier point : "Le coût de la gestion des régimes spécifiques de Sécurité sociale des étudiants et des fonctionnaires est dans le collimateur."

 

Cliniques privées : guerre des tarifs

La Fédération de l’hospitalisation privée (FHP) saisira ce matin l’Autorité de la concurrence, annoncent Les Echos (page 4). Selon son président, Jean-Loup Durousset, les cliniques seraient victimes de "discriminations" de la part des pouvoirs publics, accusés d’appliquer une "politique d’affaiblissement du secteur privé".

Le principal reproche qui est fait par la FHP concerne les tarifs. "Il ne s’agit pas des sommes qui sont éventuellement facturées aux patients lorsqu’ils sont hospitalisés, mais de ce que la Sécurité sociale verse aux établissements pour chaque acte réalisé (une opération chirurgicale, une consultation, etc.)", précisent Les Echos. Ces tarifs sont plus élevés dans le public que dans le privé pour tenir compte des missions de service public des hôpitaux. Selon Jean-Loup Durousset, l’écart entre ces tarifs serait de l’ordre de 22%. Un alignement sur le privé permettrait à l’assurance maladie de dégager 7 milliards d’euros d’économies par an.

La FHP regrette également que les cliniques soient plus lourdement taxées que les hôpitaux. Que ce soit par l’impôt sur les sociétés, la contribution économique territoriale ou encore les taxes sur les salaires et les cotisations sociales, les cliniques commerciales paient 600 millions d’euros de plus que les hôpitaux.

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)