croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

Economie sociale et solidaire : les priorités de Christophe Itier

Rôle de l'Etat, alliance avec des entreprises classiques, contrats aidés… Le Haut-commissaire en charge de l'Economie sociale et solidaire et à l’Innovation sociale, Christophe Itier, précise sa feuille de route.

"L'innovation sociale est un des axes de transformation des modèles de l'ESS que nous portons. Pour cela, nous voulons mieux repérer les associations, coopératives, mutuelles et fondations qui répondent aux problèmes posés par le chômage de longue durée, le décrochage scolaire ou le vieillissement", déclare le Haut-commissaire en charge de l'Economie sociale et solidaire et à l'Innovation sociale, dans un entretien à L'Humanité.

"L'ESS formule nombre de solutions sur tous les territoires. A nous de les faire changer d'échelle en intervenant sur les questions de financement et de déverrouillage réglementaire", explique Christophe Itier. Il estime cependant que deux "trous" demeurent dans les dispositifs : lors de l'amorçage du projet et lors de son changement d'échelle. "L'Etat doit prendre sa part, avec les collectivités, les investisseurs, les entreprises et les mécènes", déclare-t-il.

Pour lui, le développement de l'ESS est avant tout une affaire d'efficacité. "Notre pacte de consolidation implique d'abord de renforcer les modèles fragilisés des associations, en leur donnant davantage d'autonomie de gestion, des leviers de développement via l'hybridation de leurs ressources, qu'elles proviennent du public, du privé, du mécénat ou de la philanthropie", poursuit le Haut-commissaire. Il souhaite rendre "encore plus exigeante la commande publique par des clauses sociales et environnementales élevées", et travailler davantage "à une stratégie d'alliance" entre entreprises classiques et celles de l'économie sociale et solidaire, via des "joint-ventures sociaux".

L’Etat restera-t-il le garant de l'intérêt général ? Pour Christophe Itier, "l'intérêt général, c'est l'affaire de tous". "Les 13 millions de bénévoles [des associations] n'attendent pas l'Etat pour s'engager, observe-t-il. Tout le monde doit prendre sa part : les associations, les entreprises classiques comme les consommateurs. A l'Etat de créer les conditions pour que chacun puisse s'engager, de fixer les priorités dans ses politiques, en fonction des enjeux de société."

La majorité présidentielle est-elle réceptive aux besoins de l'économie sociale et solidaire ?, interroge L'Humanité. Le Haut-commissaire reconnait que "les décisions sur les contrats aidés ou sur la fin de la réserve parlementaire n'ont pas été en faveur des structures de l'ESS". Mais il s'engage à "mieux mesurer" l'impact des décisions prises, afin de ne pas revivre le "feuilleton" du précédent quinquennat sur le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE), "qui a instauré une distorsion de concurrence entre les entreprises privées et les associations qui n'y avaient pas accès".

Christophe Itier s'engage à ce que le CICE et le CITS (crédit d'impôt sur la taxe sur les salaires) deviennent, en 2019, des allégements pérennes, au même niveau. De plus, il promet que les contrats aidés "résiduels" seront accordés en priorité aux petites entreprises de l'économie sociale.

A lire aussi dans la presse

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)