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Ebola : la France, pays le plus exposé en Europe

Une aide-soignante espagnole a contracté le virus Ebola dans un hôpital de Madrid, constituant la première contamination connue hors d'Afrique. La France n'est pas à l'abri, et serait même particulièrement exposée, selon les travaux d'une équipe de chercheurs américains de la Northeastern university (Boston), cités dans Le Figaro (page 11).

D'après leur modélisation statistique, l'Hexagone serait le deuxième pays le plus menacé dans le monde, derrière le Ghana, suivi de la Côte d'Ivoire, et le premier en Europe, devant le Royaume-Uni. "Depuis début septembre, la probabilité de voir un cas apparaître dans les pays ayant des liens forts avec l'Afrique de l'Ouest, comme la France ou la Belgique, augmente constamment", estime, dans Le Figaro, Alessandro Vespignani, qui a dirigé ces recherches.

La France a décidé de réduire le nombre de liaisons aériennes vers les zones à risque de l'Afrique de l'Ouest. Malgré ces précautions, l'inquiétude continue à monter, souvent alimentée par les fausses rumeurs colportées sur Internet. Trois parents d'élèves ont refusé hier de déposer leurs enfants dans une école de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), en raison de la présence d'un élève récemment rentré de Guinée, pays où sévit l'épidémie, rapporte Le Parisien/Aujourd'hui (page 12). Pourtant l'enfant en question va bien, ne présente aucun symptôme et fait l'objet d'une surveillance médicale.

"Ce n'est pas parce qu'il y a quelques cas qu'une épidémie se développera en Europe. Notre système de santé sait les détecter et les prendre en charge. (…) Il faut raison garder !", réagit, dans Le Parisien, le Pr François Bricaire, chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, assurant que "le virus ne va pas vous sauter dessus".

La ministre de la Santé s'est également voulue rassurante. "Ebola est un virus dangereux, mais qui ne se transmet pas dans n'importe quelles conditions", a rappelé Marisol Touraine sur BFM TV, insistant sur les procédures mises en place "pour identifier un cas, le prendre en charge et le soigner, le cas échéant avec des traitements expérimentaux".

Le prix des médicaments en question

Les traitements les plus vendus sont de plus en plus chers et soignent une population de plus en plus restreinte, contraignant ainsi les systèmes de santé à faire des choix draconiens voire inextricables sur la prise en charge et les remboursements, constate Le Monde (cahier économie & entreprise page 6), qui dévoilait hier sa nouvelle formule. La question du prix des médicaments pourrait être abordée demain lors de la présentation du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2015, devant la commission des Affaires sociales de l'Assemblée. Celui-ci comprend notamment un dispositif destiné à faire baisser le prix du Sovaldi®, ce traitement contre l'hépatite C donc le coût est de 56 000 euros par patient pour une cure de trois mois.

"En quelques années, le modèle de l'industrie pharmaceutique a changé, porté par des avancées thérapeutiques spectaculaires dans le domaine du cancer, du VIH ou encore des maladies auto-immunes", observe Chloé Hecketsweiler du Monde. Nombre de ces médicaments ne s'adressent qu'à un nombre de patients limité, d'où des prix plus élevés en raison des difficultés de retour sur investissements, plaident les laboratoires. En 2014, aux Etats-Unis, sept médicaments réalisent plus de 100.000 dollars de chiffre d'affaires par an et par patient.

Une fois l'autorisation de mise sur le marché (AMM) obtenue, les laboratoires pharmaceutiques sont en position de force pour fixer les prix. "Le prix de lancement des médicaments est désormais davantage lié à leur avantage compétitif qu'à leur coût de développement, explique, dans le quotidien du soir, Anthony Raeside d'Evaluate Pharma. (…) La marge de manœuvre des payeurs publics et privés qui souhaitent accéder aux médicaments les plus innovants est limitée."

Pour arbitrer le débat bénéfice/coût d'un nouveau traitement, la notion d'"impact économique global" est désormais prise en compte, notamment au Royaume-Uni. Son bénéfice est apprécié selon plusieurs critères : les journées d'hospitalisation évitées, la prévention de la venue d'éventuelles complications et les économies réalisées sur les arrêts de travail. "La France commence à explorer cette voie", note Le Monde. Depuis 2013, la Haute Autorité de santé (HAS) doit rendre un avis d'efficience économique, en plus d'un avis sur son efficacité, pour tout nouveau médicament onéreux.

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)