Election présidentielle 2007 : duel cathodique

Le débat télévisé, qui opposera ce soir Ségolène Royal à Nicolas Sarkozy fait la "une" de tous les quotidiens nationaux, exception faite de L'Humanité, qui titre sur les manifestations du 1er Mai. Dans une édition spéciale "deux en un", recto verso, Libération nous dit "Tout sur Sarkozy" et "Tout sur Royal" : leur vraie personnalité, les temps forts de leur campagne et les 30 visages de leurs réseaux. "Sarkozy et Royal enfin face-à-face", se réjouit Le Figaro, qui annonce déjà une "audience record" de 20 millions de téléspectateurs ! "Le duel décisif ?", s'interroge Le Parisien/Aujourd'hui, qui répond en pages intérieures : "Si l'on regarde les précédents, la réponse est plutôt négative." "Royal joue son va-tout face à Sarkozy", affirme au contraire le quotidien Les Echos.

"Royal promet “une France apaisée”", titre Le Monde, qui publie un entretien (page 8) avec la candidate socialiste. Ségolène Royal promet une "remise à plat" des retraites, qui prenne en compte la pénibilité des métiers exercés et les carrières atypiques des femmes. Dans La Tribune (page 26), son adversaire, Nicolas Sarkozy, annonce déjà, s'il est élu, la tenue de quatre "conférences" avec les partenaires sociaux pour le mois de septembre, sur le contrat de travail unique, le nouveau service de l'emploi, l'amélioration des conditions de travail et la "démocratie sociale".

Enfin, La Croix titre sur le "face-à-face des programmes", auquel il consacre six pages. Le quotidien catholique (page 8) explique dans le détail le projet de franchises non remboursables sur les soins du candidat de l'UMP. Des franchises critiquées par Ségolène Royal, qui souhaite maintenir le niveau de remboursement actuel et même supprimer les forfaits de 1 euro par consultation et de 18 euros par acte médical lourd, instaurés respectivement en 2005 et 2006. Interrogé à ce sujet lundi matin, au micro de BFM radio, Daniel Lenoir, directeur général de la Mutualité française, a expliqué que "toutes les études internationales le montrent, la franchise n'a pas beaucoup d'effet sur le rythme des dépenses de la Sécurité sociale, car en dessous du seuil il y a toujours un risque d'exclusion de ceux qui ne peuvent accéder à une complémentaire, et une fois qu'on a dépassé la franchise, comme le dit la sagesse populaire, au-delà des bornes, il n'y a plus de limites". L'autre proposition du candidat de l'UMP, de créer une TVA sociale présente plusieurs inconvénients. "Il faut absolument éviter les effets inflationnistes et les effets anti-redistributifs, compte tenu de la nature de la TVA. Cela renvoie forcément à d'autres éléments de la fiscalité", estime Daniel Lenoir. Plus généralement, il a regretté que le sujet de "la santé n'ait pas vraiment été traité dans le débat" autour de l'élection présidentielle. "C'est un débat difficile et complexe car il touche au quotidien les Français et les professions de santé qui ont une forte capacité d'intervention", analyse le directeur général de la Mutualité française.

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Ils étaient entre 117.000 et 200.000 manifestants à défiler hier à Paris et dans les grandes villes de province pour célébrer la fête du travail, estime Le Parisien/Aujourd'hui (page 9). "Les salariés ne se laissent pas oublier", titre en "une" le quotidien L'Humanité (pages 1 à 5), qui note une mobilisation largement supérieure – près du double – de celle des défilés de 2005 et 2006. Au cours de ces différentes manifestations, "les participants ont exigé le respect du droit de grève et des libertés syndicales", observe le quotidien communiste. Pas seulement, réplique Le Figaro-économie (page 23), qui a assisté de son côté à "un 1er Mai qui tourne à l'“anti-Sarkozy”". "Sans donner de consigne de vote, les syndicats, qui défilaient en ordre dispersé, ont attaqué les propositions du candidat UMP", commente François-Xavier Bourmaud, du Figaro-économie. Pour résumer, Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, s'en est pris au projet de service minimum en cas de grève dans les transports et son homologue de la CFDT, François Chérèque a averti qu'il lutterait pour "la reconnaissance de l'organisation syndicale dans l'entreprise".