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Droits des femmes : du concret !

Journée internationale oblige, la presse de ce 8 mars accorde une large place aux différentes inégalités sociales dont sont victimes les femmes. Et malgré quelques récentes avancées, ces inégalités ont visiblement du mal à se réduire, à commencer au niveau professionnel. Ainsi, une étude de l’Insee ré­vèle qu’en matière de rémunération dans le secteur privé, les femmes touchent 28 % de moins que les hommes.

Plusieurs raisons à cela, expliquent Les Echos (page 5) : d’abord, leur salaire moyen est inférieur de 18 % à celui des hommes ; ensuite, les femmes travaillent en moyenne 13 % d’heures en moins. Certes, poursuit l’étude, citée cette fois par Le Figaro (page 17), "depuis 1995, les écarts de revenu salarial ont légèrement diminué (de 6 points) en raison de la part grandissante de femmes cadres et de la poussée du chômage masculin". Mais il n’empêche que 70 % des femmes occupent encore des postes d’employés où les salaires sont les plus bas.

C’est entre autres pour lutter contre cette discrimination sociale que plusieurs actions du gouvernement sont menées. Dans un entretien qu’elle accorde au Parisien/Aujourd’hui (page 4), la ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, confirme qu’il y a effectivement "une surreprésentation des femmes dans les temps partiels".

"La moitié des emplois occupés par des femmes sont concentrés sur 12 des 87 familles professionnelles", rappelle-t-elle. C’est pour cela qu’un « service public national de l’orientation » va prochainement être créé afin de veiller "à la mixité des filières qui aidera les jeunes femmes à ne plus se censurer dans leur choix de métier".

Mais ce n’est pas la seule des nouveautés à venir, complète Najat Vallaud-Belkacem dans Le Figaro (page 10). Non seulement « une étude d’impact sur l’égalité hommes-femmes pour chaque projet de loi » sera lancée, mais un "dispositif de sanctions pour les entreprises de plus de 50 salariés qui ne jouent pas le jeu de l’égalité professionnelle" doit être mis en place. Pour les sociétés qui ne la respectent pas, des sanctions seront mises en place, probablement dans six mois, confie-t-elle dans Le Parisien/Aujourd’hui. Celles-ci "pourront aller jusqu’à 1 % de la masse salariale" en cas de non-respect de l’égalité des salaires.

Outre la révision du congé parental qui incitera les pères à s’occuper eux aussi de leur enfant, libérant ainsi les mères pour qu’elles puissent se consacrer à leur vie professionnelle, le gouvernement envisage également de s’attaquer au problème de la précarité des femmes, observe la ministre dans Le Figaro. Cela passera notamment par la création d’un dispositif consacré aux pensions alimentaires non versées.

Puisque la moitié des femmes seules vivant dans la précarité ne perçoivent pas ces pensions, l’objectif est de leur permettre de "se tourner vers les CAF [caisses d’allocations familiales] qui prendront le relais des débiteurs défaillants". A leur tour, les caisses pourront "faire jouer les mécanismes de recouvrement dont elles disposent pour se tourner vers ces pères qui ne répondent pas à leur devoir", déclare-t-elle.

A lire aussi - Retraites complémentaires : les négociations continuent

La séance de négociation d’hier sur les retraites complémentaires n’a pas été, comme annoncé, la dernière. Les partenaires sociaux et le patronat ne se sont pas entendus sur les moyens à mettre en œuvre pour redresser les comptes de l’Agirc et l’Arrco. Une nouvelle séance a donc été programmée pour le 13 mars, indique Le Parisien/Aujourd’hui (page 9), mais sans garantie de succès car "l’issue de ces discussions semble de plus en plus incertaine".

"La négociation a buté en particulier sur la question des cotisations" qui financent les deux caisses, expliquent Les Echos (page 4). En effet, même s’il en a accepté le principe, le Medef a fait une proposition qui ne convient pas aux organisations syndicales : augmenter le taux d’appel, ce qui revient "à faire payer plus, entreprises et salariés, mais sans créer davantage de droits à la retraite", avance Le Figaro. Les syndicats ont, de leur côté, réclamé une hausse du taux contractuel, lequel engendre des droits supplémentaires à la retraite.

Le patronat a "lâché du lest sur ce point en début de soirée » mais "en l’assortissant de conditions irréalisables" pour les syndicats, poursuit Le Figaro. La solution proposée par le Medef vise à modérer les augmentations annuelles des pensions à 0,5 % pour les cadres retraités et 0,8 % pour les salariés du privé, alors que l’inflation attendue à 1,75 %" en 2013, écrit Libération (page 17).

Si au 1er avril, les négociations n’ont pas abouti, avertit Le Parisien/Aujourd’hui, "les pensions seront automatiquement revalorisées à hauteur de l’inflation à cette date. Ce qui creuserait un peu plus le déficit des deux caisses de retraites complémentaires".

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)