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Droits des femmes : combattre la culture du viol

C'est demain que la délégation aux Droits des femmes du Conseil économique, social et environnementale (Cese), présidée par Pascale Vion, membre du groupe de la Mutualité au Cese, présentera les résultats de l'enquête "Les Français-e-s et les représentations sur le viol et les violences sexuelles". Et ceux-ci sont édifiants ! Pour une partie des personnes interrogées par Ipsos pour l'association Mémoire traumatique et victimologie, le viol est peut-être un crime du point de vue légal, mais ses auteurs n'en sont pas forcément responsables.

"Alors que 84.000 viols ou tentatives de viol sont toujours perpétrés chaque année en moyenne en France", rapporte Libération (page 6), 41% des personnes interrogées estiment, par exemple, que ce nombre est surévalué. Or, pour l'association Mémoire traumatique, le total devrait plutôt dépasser 200.000 si on inclue les mineurs, ou encore les premières victimes des violences sexuelles.

Pour ce qui est de la définition même du viol, les réponses des sondés laissent "pantois", commente Libération. En effet, si une majorité des Français (96%) considèrent qu'un acte sexuel contraint relève du viol, ils sont seulement 24% à estimer la même chose de la fellation forcée, considérée alors comme une simple "agression sexuelle". Dans le même ordre d'idées, 26% des sondés "jugent que lorsqu'une victime ne résiste pas aux menaces de son assaillant, ce n'est pas un viol, mais une agression sexuelle."

Toujours d'après cette enquête, quatre Français sur dix estiment que la responsabilité du violeur est atténuée si la victime a une attitude jugée provocante, par exemple du point de vue vestimentaire. D'après 27% des sondés, si la victime s'est montrée séductrice, si elle a flirté ou si elle s'est rendue seule chez un inconnu, la responsabilité du violeur est moindre. De toute façon, 20% des personnes du panel s'associent à l'idée que souvent la femme dit "non", alors qu'elle pense "oui"… Et chez les 18-24 ans, on trouve 30% de jeunes qui accréditent l'idée que "les femmes peuvent prendre du plaisir à être forcées lors d'une relation sexuelle".

Si la contrainte sexuelle se passe dans le couple, 17% des personnes interrogées jugent alors qu'il ne peut s'agir de viol. Rien d'étonnant, surtout lorsqu'on apprend que 61% des Français et 65% des Françaises sont prêts à disculper le violeur du fait qu'un homme a plus de mal à maîtriser son désir sexuel qu'une femme.

 

En bref

Social

  • "Deux associations protestent contre une "démocratie sanitaire" étroite." Les associations de consommateurs UFC-Que Choisir et CLCV ont écrit à la ministre de la Santé, Marisol Touraine, pour critiquer la façon dont va se mettre en place l'Union nationale des associations agréées d'usagers du système de santé (Unaass), qui doit jouer un rôle clef dans l'épanouissement d'une "démocratie sanitaire". Les Echos page 2.
  • "Réforme du Code du travail : les voies de passage que cherche le patronat." La ministre du Travail, Myriam El Khomri, reçoit aujourd'hui les représentants du Medef et de la CGPME plutôt satisfaits par son projet de réforme du Code du travail. Même s'il est vivement critiqué par les syndicats, par une partie de l'opinion publique et par plusieurs représentants socialistes, François Hollande et Manuel Valls appellent à "la cohésion et à la solidarité de l'ensemble du gouvernement" sur ce texte. Les Echos pages 4 et 5, et La Croix pages 2 et 3.

Santé

  • "Diabète et hypertension, ennemis de nos reins." A l'approche de la 11e Journée mondiale du rein qui se tiendra le 10 mars prochain, les organisateurs insistent sur la nécessité de sensibiliser le public au dépistage des pathologies liées à cet organe, et dont souffrent déjà 3 millions de Français. Car la grande difficulté des maladies rénales, c'est qu'elles avancent sans bruit, sans symptômes, réduisant les chances de pouvoir intervenir pour ralentir (voire arrêter) leur évolution, avant d'atteindre une telle gravité que la dialyse ou la greffe s'imposent. En France, 40.000 adultes et 1.200 enfants sont dialysés, et près de 3.500 greffes ont été pratiquées en 2015. Le Figaro page 11.
  • "La grippe moins grave cette année." L'épidémie de grippe va bientôt atteindre son pic en métropole. Selon l'Institut de veille sanitaire (InVS), depuis le 1er novembre 2015, 280 cas graves ont été admis en réanimation et 28 personnes sont décédées. La plupart des patients avaient des facteurs de risque. La moyenne d'âge était de 56 ans. Une majorité d'entre eux (157 patients) n'était pas vaccinée. Le Parisien/Aujourd'hui page 11.

Et aussi

  • Dans un document paru hier, la Cour des comptes estime que le déficit de l'assurance-chômage (Unedic) ne pourra se résorber qu'avec la seule reprise de la croissance économique. Le Figaro page 19.
  • La déficience intellectuelle, qui touche 1 à 2% de la population en France, mérite, selon l'Inserm, la mise en place de propositions concrètes pour accompagner les personnes atteintes. La Croix page 6.
Frédéric Lavignette

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