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Dossier médical personnel : réquisitoire

Le lancement du dossier médical personnel (DMP) apparaît comme un "scandale à la Française", titre Le Point (pages 92 et 93). Pour l'hebdomadaire, ce dossier qui devait rassembler les données médicales des assurés sociaux est pour le moment un échec total.

Pour avancer ce constat, le magazine s'appuie sur le rapport que s'apprêtent à rendre public l'Inspection générale des affaires sociales (Igas), l'Inspection générale des finances (IGF) et le Conseil général des technologies de l'information (CGTI). Un rapport dont les conclusions sont "d'une rare férocité pour les ministres de la Santé" successifs.

Cet outil, "aussi ambitieux que complexe"selon les termes des rapporteurs, a été créé par la loi d'août 2004. Il devait "permettre une économie de 3,5 milliards d'euros", avait alors promis le ministre de la Santé, Philippe Douste-Blazy. Pour éviter les prescriptions inutiles et les risques iatrogènes, ce dossier est censé contenir, pour chaque assuré social, des données médicales générales, des données de soins et des documents d'imagerie médicale.

La mise en place du DMP, initialement prévue pour le 1er juillet 2007, "a été finalement repoussée à… 2010, voir 2012", souligne Le Point. Pour les rapporteurs, "les modalités de lancement de ce projet en font un antimodèle de gestion publique, le parfait exemple de tout ce qu'il faut faire pour conduire à l'échec d'un projet de portée nationale". Notamment en raison du délai "irréaliste"qui a été imposé au groupement d'intérêt public (GIP) chargé de le piloter. La pression des ministres successifs, la gestion "constamment précipitée, souvent improvisée, parfois inconséquente", et des moyens de fonctionnement réduits ont en effet eu raison du non-respect de ce calendrier.

Pour les experts, "la création d'un DMP pour tous les Français est une démarche d'une dizaine d'années dont le coût dépassera largement celui annoncé aujourd'hui". Par conséquent, pour être dans les temps, un bon nombre d'étapes ont été "brûlées"par les responsables du projet pour satisfaire les "attentes"ministérielles, relèvent les trois rapporteurs.

"Au niveau technique, c'est la Berezina", poursuit l'hebdomadaire. Initialement, le dossier devait être géré par les médecins, mais "le dossier a soudain été transformé en dossier du patient". Ce qui "risque d'induire le professionnel de santé dans l'erreur", objectif contraire au projet initial, observe le rapport.

Autre grief : le DMP n'a pas fait ses preuves lors de son expérimentation en région. Elle s'est même "achevée dans la confusion [car] de nombreuses et sérieuses insuffisances de sécurité ont été relevées", indiquent les experts. Pour autant, ils recommandent bien evidemment de ne pas abandonner le projet. A moins de "ruiner la crédibilité de l'Etat".

A lire aussi – L'erreur des franchises


Les députés ont adopté hier le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2008, indiquent Les Echos (page 2). Ce texte prévoit notamment de nouvelles franchises médicales très contestées. "Hormis Jean-Pierre Door [NDLR : rapporteur UMP du texte], il ne s'est pas trouvé un élu UMP pour prendre la défense des franchises médicales, ces nouveaux forfaits de 50 centimes d'euro laissés à la charge des malades, pilonnés par la gauche", souligne ce quotidien.

Invité hier lors d'un débat dans l'émission La Polémique sur I Télé, le directeur général de la Mutualité française a rappelé l'opposition du mouvement mutualiste à ces forfaits. Pour Daniel Lenoir, ces franchises veulent responsabiliser les patients sur des prescriptions alors que "ce ne sont pas eux qui prescrivent, ce sont les médecins !"De plus, "elles vont rapporter 850 millions d'euros alors que le déficit de l'assurance maladie s'élève à 6,2 milliards d'euros…"

Le directeur général de la Mutualité a également regretté que l'article du PLFSS visant "à mieux répartir les jeunes médecins sur l'ensemble du territoire"ait "été vidé de son contenu".

A lire aussi – Nouvelles grèves ?


Les syndicats de la SNCF, de la RATP et d'EDF-GDF feront savoir aujourd'hui s'ils appellent à un nouveau mouvement de grève contre la réforme des régimes spéciaux de retraite, indique Le Parisien/ Aujourd'hui (page 8). Si la probabilité d'une nouvelle journée noire est forte, estime Le Figaro-économie (page 22), les centrales syndicales semblent divisées sur le choix de la date. Selon Les Echos (page 3), la CGT-Cheminots souhaiterait s'agréger à la journée de contestation des fonctionnaires, le 20 novembre. Ce n'est pas le cas de la CFDT qui ne "veut pas mélanger les revendications", rapporte Le Parisien/Aujourd'hui. La date du 13 novembre est alors avancée.

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)