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Dons d’organes : briser le tabou

Pour ou contre le don d'organes ? L'essentiel, c'est de choisir et d'en parler en famille. La 6e Journée nationale de réflexion sur le don d'organes et la greffe du 22 juin 2006, conduite par l'Agence de la biomédecine et soutenue par la Mutualité Française, nous invite cette année à prendre position et à en parler à nos proches.

Nous sommes tous concernés par le don d'organes. En cas de décès brutal, c'est en effet aux proches de témoigner de la position du défunt quant au don de ses organes. "C'est un moment naturellement difficile pour les familles, souligne Carine Camby, directrice générale de l'Agence de la biomédecine qui organise la sixième édition de la journée nationale de réflexion sur le don d'organes et la greffe, le 22 juin. Il l’est d’autant plus si le défunt n’a jamais fait part de son choix de son vivant."

La loi exige que l'équipe médicale approche la famille du défunt pour savoir si ce dernier, de son vivant, ne s'était pas opposé au don de ses organes. Lorsque les proches ne connaissent pas la position du défunt, ils doivent porter la lourde responsabilité de prendre une décision en son nom. Cette situation est d'autant plus délicate pour des familles en deuil, que le prélèvement doit nécessairement intervenir quelques heures après le décès.

En parler sereinement de son vivant

"Il y a quatre ans, Max, mon mari est mort à l'âge de 33 ans. Photographe, il se déplaçait souvent. Il est tombé dans le coma suite à un accident de voiture. Le lendemain, on m'a appris qu'il était en état de mort encéphalique. L'équipe médicale m'a demandé s'il était favorable au don de ses organes. Nous en avions parlé un an auparavant à l'occasion d'une émission de télévision. Nous étions tous les deux d'accord. Mais en parler, c'est une chose : le jour où ça nous tombe dessus, c'est différent, se rappelle Caroline son épouse. Au final, j'ai accepté et j'ai été soulagée de prendre cette décision même si ce n'est pas facile d'assumer cette responsabilité."

Actuellement, environ 30% des familles s'opposent au prélèvement au motif qu'elles ignorent la position du défunt sur le don d'organes ou, au contraire, qu'elles ont connaissance de son refus. En France, un peu plus de 4.200 greffes d’organes sont réalisées chaque année mais près de 12.000 personnes sont toujours en attente. "Ce nombre est en hausse constante malgré l’augmentation du nombre de dons. De ce fait, 200 personnes décèdent tous les ans par manque de dons", déplore Carinne Camby. Ne l'oublions pas !