Le don du sang s’ouvre aux homosexuels

Les homosexuels masculins sont désormais autorisés à donner leur sang. La mesure avait été annoncée en novembre 2015 par la ministre de la Santé, Marisol Touraine. Elle est entrée en vigueur dimanche 10 juillet 2016, comme prévu dans un arrêté du 5 avril. "Une nouveauté qui s'accompagne toutefois dans un premier temps – au moins un an selon la ministre – de conditions très strictes", relève Le Monde.

En 1983, rappelle Libération, une circulaire avait recommandé "d'écarter du don du sang les personnes considérées comme étant à risque de transmettre le VIH" et, parmi elles, "les personnes homosexuelles ou bisexuelles". Recommandation transformée en "application stricte et systématique de la contre-indication pour les hommes" en 1997.

Désormais, indique Le Parisien/Aujourd'hui, le nouveau cadre légal abolit cette interdiction qui s'imposait "sur le seul critère de leur orientation sexuelle".

L'Etablissement français du sang (ESF) a entièrement revu le questionnaire imposé à tout donneur potentiel, incluant aujourd'hui un champ très large contre-indications, poursuit le quotidien.

Par exemple, une exposition au virus Zika ou à toute autre contamination potentielle à l'étranger peut motiver un refus de don. Même chose après une séance de tatouage. Pour ce qui est des homosexuels, le don de sang total (cellules et plasma) est ouvert à ceux qui n'ont pas eu de relations avec d'autres hommes au cours des douze mois écoulés.

Pourquoi douze mois ?, interroge Le Figaro  : "Parce qu'après douze mois sans relation homosexuelle avec un autre homme, il n'y a pas plus de risque qu'avec un hétérosexuel", avait répondu la ministre de la Santé, le 4 novembre dernier. Marisol Touraine n'excluait pas de réduire ce délai à quatre mois, au printemps 2017, si une étude "en vie réelle" démontrait qu'il n'y a pas de risque. En ce qui concerne le don de plasma, les homosexuels, tout comme les hétérosexuels, devront faire état de quatre mois d'abstinence.

Des restrictions plutôt favorablement perçues par Coline Mey, en charge des nouvelles stratégies de santé à l'association Aides : "La priorité, la base, quand on sélectionne les donneurs, est d'assurer la sécurité au receveur. Et l'on est bien obligé de tenir compte du fait que les hommes ayant des relations avec d'autres hommes (HSH) sont la population la plus exposée au risque d'une épidémie toujours active, contre laquelle nous nous battons", explique-t-elle au Parisien/Aujourd'hui.

"La fin de l'exclusion des homosexuels permettra d'avoir 21.000 donneurs supplémentaires, soit 37.000 dons de plus (sur la base de trois dons en moyenne par an et par donneur)", estime la direction générale de la Santé, citée par Le Monde.

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Frédéric Lavignette

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