Dispositifs médicaux : dégager des économies

Dans le cadre du plan de 50 milliards d'euros d'économies à réaliser sur les trois prochaines années, un nouveau rapport vient d'être transmis au Premier ministre. Il émane cette fois des Inspections des finances (IGF) et des affaires sociales (Igas) et vise à "contenir l'envolée des coûts de ces produits de santé, où voisinent pansements, seringues, fauteuils roulants, IRM, prothèses et même des logiciels".

Avec le nombre croissant de personnes âgées, l'utilisation de pacemakers et de prothèses auditives risque d'augmenter.

Selon Les Echos (page 4) qui se sont procurés le document, le montant des dépenses en ville liées à ces dispositifs médicaux s'établit à 5,2 milliards d'euros, soit une augmentation de 5,3 % par an sur la période 2009-2013. Ce qui représente une hausse deux fois plus rapide que celle de l'ensemble des dépenses d'assurance maladie.

Et il faut y ajouter les commandes hospitalières, ainsi que celles des maisons de retraite et du handicap, très difficiles à évaluer, poursuit le rapport qui évoque "un coût réel minimal de 9,8 milliards d'euros en 2013, hors secteur médico-social", rapportent Les Echos. Une tendance inflationniste qui ne semble pas près de s'arrêter.

Avec le nombre croissant de personnes âgées, l'utilisation de pacemakers et de prothèses auditives risque en effet d'augmenter. Et l'épidémie de surpoids et d'obésité, qui entraîne des cas de diabète, génère une consommation croissante des "bandelettes glycémiques, pompes à insuline, aiguilles et seringues à domicile".

Le progrès médical entraîne également des dépenses en dispositifs médicaux. C'est le cas de la technique déployée pour lutter contre l'apnée : "On connaît le coût de ces dispositifs, écrivent toutefois Les Echos, mais on ne sait pas combien de dépenses ils évitent (infarctus, accidents de la route…)."

Le progrès médical entraîne des dépenses en dispositifs médicaux.

Pour remédier à cette augmentation des dépenses, "le rapport plaide pour une régulation bien plus stricte, en libéral comme à l'hôpital". Par exemple, il propose de rationaliser le système, de fixer des priorités "afin de définir des objectifs de réduction de coûts sur les postes de dépenses les plus dynamiques en ville", voire de conventionner les prestataires de santé à domicile. Et pour économiser à l'hôpital, il suggère "d'accroître le recours aux centrales d'achats hospitalières" et de faire jouer la concurrence dans une logique de marché.

Frédéric Lavignette

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