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Discours de politique générale : François Fillon fait son grand oral

"Pour son grand oral, qui aura duré une heure et sept minutes hier au Palais-Bourbon, François Fillon n'a pas surpris", estime Le Parisien/Aujourd'hui (pages 2 et 3). Le Premier ministre s'est contenté de "mettre en musique le programme électoral de Nicolas Sarkozy", juge La Tribune (page 24). Pour sa part, Libération (pages 2 à 4) fait un "tour d'horizon" des sept principaux dossiers présentés par le chef du gouvernement.

Parmi eux, figure la situation de l'assurance maladie. Lors de son discours, François Fillon a annoncé que le gouvernement va "ratifier sans délai" le plan de redressement des comptes proposé par la Caisse nationale d'assurance maladie, indique Le Figaro (pages 6 à 9). Les propositions, destinées à réaliser 1,2 milliard d'économies en année pleine, doivent d'ailleurs être présentées aujourd'hui, à l'issue de la Commission des comptes de la Sécurité sociale.

Plusieurs pistes sont avancées : un moindre remboursement des consultations effectuées hors du parcours de soins, un relèvement du plafond journalier du forfait de 1 euro par consultation, une baisse de prix des médicaments, ou encore une baisse des tarifs des radiologues et des biologistes. Comme l'affirme Le Figaro, "les complémentaires santé échapperont à la contribution de 200 millions d'euros que la Cnam voulait leur imposer".

"Au-delà des mesures d'urgence, nous n'éviterons pas des décisions structurelles", a poursuivi François Fillon. Avant d'ajouter : "La mise en place de franchises peut être une solution possible pour 2008." Ce matin, sur BFM, le chef du gouvernement a évoqué une franchise de 50 centimes d'euros par boîte de médicament.

Autre piste soulignée par Le Parisien/Aujourd'hui (pages 2 à 3) : l'instauration d'un "bouclier sanitaire", projet proposé par le haut-commissaire aux Solidarités actives, Martin Hirsch. "L'idée du bouclier sanitaire permettrait de plafonner ce que paie chacun pour sa santé en fonction de son revenu. Je souhaite que s'ouvre sur ce sujet un débat sans a priori", a poursuivi le Premier ministre.

Pour le président de la Mutualité Française, cette initiative est "le type même de la fausse bonne idée", note Libération citant les propos tenus par Jean-Pierre Davant hier dans Les Echos. Interrogé ce matin sur RTL, le président de la Mutualité Française a estimé que cette mesure engendrait une "ségrégation entre les prestations". Car en instituant une franchise selon les revenus, "on va demander aux couches moyennes et aux cadres de payer toujours plus alors qu'ils recevront moins de prestations que les autres". Des propos également développés ce matin sur France info. Pour Jean-Pierre Davant, la véritable priorité est d'engager une réforme structurelle du système de santé, dont l'un des principes reposerait sur une évaluation de la qualité des soins.

Autre domaine : dans son discours, François Fillon a rappelé son intention de créer une "cinquième branche de Sécurité sociale consacrée à la dépendance". Selon La Tribune, cette mesure sur laquelle travaille déjà la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA) permettra de relever le défi au vieillissement. Hier, cet organisme "a évoqué la piste d'une prestation de compensation universelle (PCU), dispositif commun aux personnes âgées et handicapées", relève ce quotidien économique.

A lire aussi – Enquête sur le médecin traitant


L'Institut de recherche et de documentation en économie de la santé (Irdes) vient de rendre publique une enquête sur le dispositif du médecin traitant, instauré en 2004. Réalisée auprès de 8.000 ménages, elle montre que ce dispositif n'a rien changé pour 82% des sondés. Seulement 5% des personnes interrogées ont "le sentiment d'être mieux suivies", indique Le Parisien/Aujourd'hui (page 8)

En outre, près de 17% d'assurés "n'ont toujours pas de médecin traitant". Ces patients "sont avant tout des gens qui n'avaient pas auparavant de médecin de famille", poursuit le quotidien, en précisant que "ceux qui restent volontairement en dehors du schéma" ne représentent que 5 %.

Les résultats de cette enquête interviennent au moment où une augmentation des pénalités financières pour les consultations effectuées hors du parcours de soins coordonnés est une des pistes avancées par le gouvernement pour tenter de résorber le déficit de l'assurance maladie. Actuellement, un patient hors parcours n'est remboursé qu'à hauteur de 60% : ce pourcentage pourrait être fixé à 50%.

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)