Désert médicaux : les collectivités locales s’organisent

En lien avec l'agence régionale de santé (ARS) d'Ile-de-France, l'Ordre des médecins, la région et l'assurance maladie, la Ville de Paris est sur le point de mettre en place un dispositif encourageant l'installation des professionnels de santé, et plus particulièrement des généralistes. "Du moins ceux qui ne pratiquent pas de dépassements d'honoraires, et qui acceptent de se regrouper à plusieurs dans les mêmes locaux", précise le quotidien.

Baptisé "Paris Med", expliquent Les Echos (page 5), ce plan propose à tout candidat de bénéficier de loyers inférieurs de 30 à 50% à la moyenne parisienne pour leur cabinet, ainsi qu'une aide financière à l'installation pouvant aller jusqu'à 15.000 euros. En début de semaine prochaine, le conseil municipal doit se prononcer sur un budget de 3,5 millions d'euros étalés jusqu'à 2020 afin de mettre en œuvre ce dispositif.

Pour l'adjoint à la santé, Bernard Jomier, "15 à 20 lieux par an" peuvent ainsi être créés, attirant chaque année une centaine de postulants. Une initiative plutôt bienvenue, car Paris est le département français qui s'est vidé le plus rapidement : en cinq ans, la ville a en effet perdu près de 300 généralistes.

Au niveau national, note le quotidien économique, seuls 5.000 des 20.000 étudiants, entrés dans la filière de médecine générale en 2008-2014, se sont installés en libéral. "Où sont passés les 15 000 qui manquent ?, s'interroge Patrick Bouet, le président du Conseil national de l'Ordre des médecins. Pourquoi une telle fuite ? C'est très inquiétant pour la rentabilité de la formation mais aussi pour l'objectif national du “virage ambulatoire”."

Crise des vocations, coût de la vie, et loyers trop élevés peuvent expliquer le déficit de généralistes. Mais d'autres professionnels de santé de premier recours comme les psychiatres, infirmiers, orthophonistes, pédiatres, ou encore les sages-femmes, commencent également à se faire rares, et pas seulement à Paris, soulignent Les Echos.

En province, les collectivités s'organisent aussi pour garantir un minimum de soins pour les habitants. C'est ainsi qu'est né un village de santé dans le 14e arrondissement de Marseille. Sur 4.000 m², il regroupe une cinquantaine de professionnels et veut à terme accueillir une centaine de généralistes et spécialistes (gastro-entérologie, cardiologie, néphrologie…), ainsi que des infirmières, dentistes, pharmaciens et des psychologues.

Dans l'Allier, le Conseil général a, de son côté, lancé en 2006 une opération appelée "Wanted étudiants troisième cycle médecine générale" : en échange d'une bourse pendant leurs trois années d'internat, les futurs médecins se sont engagés à s'installer dans une zone du département déficitaire en soins.

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"Il ne s'en est pas fallu de beaucoup pour que le texte sur la fin de vie d'Alain Claeys (PS) et Jean Leonetti (UMP) qui a reçu le soutien de François Hollande bascule", écrit Le Figaro (page 12). En effet, par 89 voix contre 70, l'Assemblée nationale a rejeté hier certains des amendements à la proposition de loi sur la fin de vie qui autorisaient "une assistance médicalisée active à mourir".

Particulièrement visé, poursuit Libération (page 15), l'amendement de Jean-Louis Touraine (PS), demandant clairement une telle assistance, soutenu par près de 130 députés de gauche. Mais pas par la ministre de la Santé, Marisol Touraine, qui avait appelé au rejet de ces textes, écrit Le Figaro, estimant qu'il ne fallait "pas brusquer la société française".

Selon la ministre, le texte d'Alain Claeys et Jean Leonetti, les rapporteurs du projet de loi, représente une "avancée importante, majeure peut-être. Pour la première fois, c'est la parole du patient qui est entendue". En tout cas, relève le quotidien, elle n'exclut pas "la possibilité d'aller plus loin, plus tard".

Frédéric Lavignette

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