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Des salles de télémédecine dans les Ehpad des Côtes-d’Armor

Telehpad, le projet de télémédecine porté par la Mutualité Française Côtes-d’Armor Ssam (services de soins et d’accompagnement mutualistes), a été sélectionné par l’agence régionale de santé (ARS) Bretagne, qui va soutenir financièrement son expérimentation.

Originalité de ce programme : faciliter l’accès aux soins d’une population rurale résidant dans des zones pauvres en médecins spécialistes en proposant des consultations à distance par le biais d’établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).

Les Ehpad concernés seront reliés à des établissements hospitaliers généraux et psychiatriques grâce à des équipements de télémédecine, situés dans des salles de téléconsultation. Ils pourront ainsi proposer, à compter du deuxième trimestre 2014, des consultations de gériatrie, psychiatrie, dermatologie, cardiologie et neurologie à leurs résidents, ainsi qu’à la population locale.

Département à dominante rurale, les Côtes-d’Armor sont peu dotées en médecins, spécialistes en particulier. Ces derniers n’y sont que 64 pour 100 000 habitants, contre 78 dans le Finistère, 86 en Ille-et-Vilaine et 94, en moyenne, au niveau national. L’accès aux soins y est donc particulièrement difficile, surtout en second recours.

C’est la raison pour laquelle l’offre Telehpad s’appuie sur les Ehpad, qui présentent l’avantage d’être bien répartis sur le territoire départemental. On en dénombre 120 dans les Côtes-d’Armor, dont les trois quarts sont situés dans des communes de moins de 5.000 habitants.

Une plate-forme mutualiste pour la coordination

La Mutualité Française Côtes-d’Armor Ssam va coordonner l’offre et la demande sur les deux territoires de santé concernés par cette expérimentation (Lanion-Saint-Brieuc-Guingamp et Dinan-Saint-Malo). Une plate-forme de mise en relation va être constituée pour ce faire au siège de ce groupement.

Dans un premier temps, cinq Ehpad – l’un public, l’autre associatif, et trois des onze Ehpad mutualistes que compte le département – et cinq établissements de santé – deux hôpitaux généraux, deux hôpitaux psychiatriques et un établissement mutualiste de soins de suite et de réadaptation (SSR) spécialisé pour les personnes âgées – vont participer au dispositif, qui sera évalué un an après le début de sa mise en œuvre. "Un des enjeux de la télémédecine est de faciliter la coopération professionnelle. Grâce à son approche multimétiers, la Mutualité peut faciliter une coopération entre l’ambulatoire, l’hospitalier, et le médico-social ", commente Laurent Leclere, directeur général de la Mutualité Française Côtes-d’Armor Ssam.

"Un soutien du laboratoire de recherche de l’Ecole centrale de Paris est prévu pour l’évaluation du modèle organisationnel et du modèle économique", indique par ailleurs ce groupement mutualiste dans un communiqué. Un déploiement plus large de Telehpad est en effet prévu, non seulement dans le département, mais aussi à l’échelle régionale, une fois le dispositif évalué.

Dernière difficulté à résoudre : celle du financement des consultations de télémédecine. En l’état actuel des choses, la question n’est pas tranchée, bien que la télémédecine soit à présent définie juridiquement, rappelle Alan Entem, chef de projet technique au sein de la Mutualité Française Côtes-d’Armor Ssam.

Mais le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2014 prévoit la possibilité d’expérimentations portant sur son déploiement dans des régions pilotes (article 36). Mises en œuvre par les agences régionales de santé, ces expérimentations seront financées par les fonds d’investissement régionaux (Fir). Le financement des actes réalisés dans le cadre de Telehpad devrait être effectué par ce biais.