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Des maisons de santé pour une meilleure prise en charge des malades chroniques

Pathologies cardio-vasculaires, affections respiratoires, diabète, cancer : les maladies chroniques touchent 15 millions de Français. 86% des décès y sont associés dans notre pays. Pour retarder leur évolution, "des maisons de santé permettraient une meilleure prise en charge des malades", a expliqué le Pr Guy Vallancien, chef du service d'urologie à l'Institut mutualiste Montsouris (Paris), lors du congrès de la Mutualité française, le 5 juin à Bordeaux.

Les maladies chroniques sont un véritable "fléau", selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Ces pathologies, comme les affections cardio-vasculaires et respiratoires ou encore le diabète et le cancer, sont la principale cause de "handicap et de mortalité prématurée pour les patients", a expliqué Isabelle Durand-Zaleski, professeure de santé publique à l'hôpital Henri Mondor (Créteil), le 5 juin lors du congrès de la Mutualité de Bordeaux. "En France, 86% des décès sont associés à une maladie chronique."

Une des principales causes de ces pathologies est liée à une mauvaise hygiène de vie : tabac, alcool, alimentation trop grasse, manque d'activité physique, surpoids. L'évolution des maladies chroniques pourrait donc être retardée si l'on mettait en place des mesures de prévention, d'éducation à la santé et d'accompagnement des patients.

Modifier durablement les comportements

Dans certains pays, comme les Pays-Bas ou le Royaume-Uni, les malades chroniques sont pris en charge dans des centres de santé communautaires. Ils y bénéficient de programmes d'éducation thérapeutique personnalisés et d'accompagnement afin de modifier leurs comportements et leurs habitudes de vie. Des infirmières, en coordination avec des médecins, apprennent aux malades à surveiller leur alimentation, à avoir une activité physique régulière, à arrêter de fumer ou de boire. Cet accompagnement personnalisé et pluridisciplinaire s'inscrit dans la durée, jusqu'à ce que le patient soit en mesure d'y arriver seul.

De véritables communautés de santé

Pour le Pr Guy Vallancien, chef du service d'urologie à l'Institut mutualiste Montsouris, à Paris, la France doit s'inspirer de ces centres "pour créer des maisons de santé qui soient de véritables communautés de santé. Dans ces structures, les soignants s'associeraient pour une meilleure prise en charge du malade." Des équipes médicales, paramédicales et des travailleurs sociaux travailleraient ensemble dans "un lieu unique, relié au centre hospitalier universitaire (CHU) de proximité", a-t-il précisé. "Les professionnels de santé y seraient régulièrement évalués".

Avec son réseau national de 2.200 services de santé et d'accompagnement mutualistes (Ssam), la Mutualité française a une longueur d'avance. Les professionnels qui y exercent sont tous salariés. Dans les maisons de santé, "il faudrait réviser la rémunération des médecins au forfait et non à l'acte", a ajouté Guy Vallancien. Une autre façon bien mutualiste de lutter contre les dépassements d'honoraires !

Ghislaine Trabacchi

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)