Des franchises médicales dès 2008 ?

Les franchises médicales seront inscrites au projet de loi 2008 de financement de la Sécurité sociale. Invitée hier soir à l'émission "Le grand rendez-vous", sur Europe 1, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot-Narquin, a levé une partie du voile sur une des mesures annoncées par Nicolas Sarkozy, lors de la campagne présidentielle.

Toutefois, leur montant n'est pas encore fixé. Sur Europe 1, la ministre de la Santé a indiqué que le président de la République a évoqué quatre franchises de 10 euros "par foyer", applicables sur les médicaments, les consultations, les analyses et l'hôpital, soulignent Les Echos (page 2). "Il s'agit d'une maquette de réflexion", a poursuivi Roselyne Bachelot-Narquin, qui envisage également une franchise variable selon les revenus. "Nous mettrons en place des garde-fous" afin d'éviter un problème d'accès aux soins pour les "plus défavorisé", a-t-elle précisé (Le Parisien/Aujourd'hui, page 9). En revanche, elle n'a pas évoqué leur prise en charge, ou non, par les organismes complémentaires.

Roselyne Bachelot-Narquin justifie cette mesure par l'intervention, "demain ou mercredi" du comité d'alerte, ajoutent Les Echos. "Un probable dérapage des dépenses d'assurance maladie d'environ 2 milliards d'euros" devrait être annoncé, poursuit le quotidien économique.

L'instauration de franchises suscite des réserves et des oppositions. Dans Le Parisien/Aujourd'hui, le président de la Confédération des syndicats médicaux française (CSMF), Michel Chassang, estime que ce dispositif "risque d'éloigner les gens du système de soins, et notamment du généraliste". Ce quotidien a également interrogé les Français. Conclusion : "61% considèrent que son instauration serait plutôt une mauvaise chose". Seuls 34% d'entre eux pensent l'inverse.

Pour justifier cette mesure, Roselyne Bachelot-Narquin indique que "les économies réalisées seront dédiées à une meilleure prise en charge des soins optiques et dentaires". Pour renforcer les ressources de la "Sécu", la ministre de la Santé a évoqué un projet de "TVA sociale", rappellent Les Echos. Des recettes supplémentaires sont en effet nécessaires dans la mesure où la ministre entend "payer les heures supplémentaires stockées" à l'hôpital. Montant de la facture : 550 millions d'euros.

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La publication des journaux reflète bien les disparités entre les entreprises à propos de cette journée réservée à la solidarité. Pour des raisons différentes, L'Humanité et La Croix ne sont pas distribués aujourd'hui. Les autres quotidiens présentent une pagination souvent réduite. "Journée chômée pour six Français sur dix", titre Le Figaro (page 8). Pour Libération, "la Pentecôte travaillée vacille" (page 15).

Pourtant, "en aucun cas le principe de cette journée de solidarité se sera remis en cause", a assuré le 22 mai le ministre du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité, Xavier Bertrand, cité par Le Monde daté du lundi 28 mai (page 8). "Une évaluation sera menée au lendemain du lundi de Pentecôte “pour faire le point sur les modalités d'application et voir ce qui peut être amélioré”", poursuit ce quotidien, qui cite Xavier Bertrand.

Ce lundi est férié pour les élèves, ce qui occasionne un "casse-tête" pour les parents qui sont à leur travail, explique Le Parisien/Aujourd'hui (page 8). Les camions ont interdiction de rouler pendant ce jour considéré comme férié sur la route tandis, que les transports en commun, comme la SNCF, appliquent parfois le régime du week-end, "mais pas partout", rappelle Le Journal du dimanche (page 1).

"L'abandon d'un jour férié avait été décidé dans la foulée de la canicule de l'été 2003 pour alimenter une caisse nationale de solidarité pour l'autonomie, la CNSA", rappelle Le Monde (page 8). "La contribution perçue grâce au jour férié travaillé devrait s'élever, selon la caisse nationale, à 2,1 milliards d'euros en 2007", poursuit ce quotidien.