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Dépistage organisé du cancer du sein : un examen rapide et indolore

Tous les deux ans, l'assurance maladie propose aux femmes âgées de 50 à 74 ans de passer une mammographie de dépistage du cancer du sein. Mais seule une femme sur deux répond à cette invitation. Pourtant, cet examen ne fait pas mal et ne dure pas plus de vingt minutes. A l'occasion du lancement de la campagne "octobre rose" de sensibilisation au dépistage du cancer du sein, retrouvez notre reportage à l'Institut Alfred Fournier à Paris.

Ce matin, Françoise va passer une mammographie à l'Institut Alfred Fournier, à Paris. Cette femme de 51 ans a reçu, il y a quelques semaines, une invitation pour effectuer un dépistage du cancer du sein. Cet examen de prévention, réalisé dans le cadre du programme "Rendez-vous santé +", s’adresse à toutes les femmes de 50 à 74 ans. L’assurance maladie propose un rendez-vous tous les deux ans pour une mammographie, prise en charge à 100%.

"Je suis un peu anxieuse à l'idée de passer cette mammographie, témoigne-t-elle. C'est moins à cause de l'examen que du résultat. D'autant plus que ma mère a déjà eu un cancer du sein il y a quelques années. C'est pour cette raison que je n'ai pas hésité à venir." Françoise a choisi cet établissement car il est situé près de chez elle. L'Institut Alfred Fournier figurait sur la liste des services proposés par l'invitation.

Moins désagréable qu'une épilation

Une fois au centre, Françoise est invitée à passer dans la salle de radiographie. Elle y est accueillie par Jean Moron, radiologue, et Corine Rossignol, manipulatrice radio. Le médecin lui explique le déroulement de l'examen.

L'Institut Alfred Fournier est équipé d'un mammographe numérique. La mammographie se déroule debout et torse nu. Elle consiste à prendre deux clichés de chaque sein sous deux incidences, "c'est à dire sous deux angles différents", explique le Dr Moron à sa patiente. La manipulatrice positionne ensuite le sein sur la plaque de la machine. Puis, une autre plaque vient lentement le presser et le maintenir immobile sous le contrôle de la manipulatrice. L'appareil s'adapte automatiquement à la densité des seins afin que l'examen soit indolore.

"L'examen en lui-même est un peu désagréable mais absolument pas douloureux, commente la patiente. Je pensais que le contact avec la machine serait froid, mais ça n'a pas été le cas. En plus, la mammographie ne dure que quelques minutes. Finalement, cela n'est rien comparé à une épilation à la cire !"

"Les femmes qui ont les seins sensibles et qui ne sont pas encore ménopausées ont intérêt à prendre rendez-vous juste après leurs règles, conseille Corine Rossignol. La poitrine est généralement moins sensible à ce moment-là. En cas de douleur dans le sein ou d'appréhension, il ne faut pas hésiter à prévenir la manipulatrice qui pourra prendre des précautions particulières." Les femmes qui prennent des traitements hormonaux, qui portent des prothèses mammaires ou qui ont subi une intervention chirurgicale au niveau des seins, doivent également prévenir l'équipe médicale. Dans ces cas, la compression du sein peut se faire manuellement et plus lentement.

Une deuxième lecture pour être sûr

Une fois la mammographie réalisée, les clichés sont automatiquement transférés sur l'ordinateur de la salle voisine pour être examinés par le radiologue. La pièce, sans fenêtre, est laissée dans la pénombre afin que la lumière ne perturbe pas la lecture des images. Jean Moron s'installe derrière l'écran et commence à scruter les clichés. "Les images numériques autorisent des grossissements importants qui facilitent la lecture. Dans le cas de Françoise, je ne vois aucune tache ni anomalie."

Même si le radiologue ne décèle rien, les clichés vont être envoyés l'après-midi même dans un autre établissement. Cette deuxième lecture se déroule non loin de là, à l'Association pour le dépistage des cancers à Paris (Adeca 75). En 2004, cette deuxième interprétation a permis de déceler 6,7% de cancers non détectés lors du premier examen. Françoise recevra les résultats de cette deuxième lecture dans les quinze jours.

La lecture des clichés terminée, le radiologue retourne voir sa patiente et lui annonce ce premier résultat. L'examen se poursuit par un questionnaire médical portant sur les antécédents familiaux et personnels, la prise de contraception ou les éventuels traitements hormonaux. Dernière étape : le radiologue complète la mammographie par une palpation des seins suivie d'une échographie. L'échographie reste cependant facultative et ne fait pas partie du programme proposé par l'assurance maladie.

Au total, le dépistage n'aura duré qu'une vingtaine de minutes. "Je pensais que ça durerait plus longtemps et surtout que la mammographie serait plus désagréable, résume Françoise. On se revoit dans deux ans !"

Philippe Rémond

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)