Dépistage organisé du cancer du sein : deux radiologues pour une meilleure qualité

Vous avez entre 50 et 74 ans et vous venez de recevoir un bon pour une mammographie gratuite ? Cet examen des seins, réalisé partout en France selon des règles identiques, peut vous sauver la vie. N’hésitez pas, c’est indolore !

Une mammographie de qualité, prise en charge à 100% par l’assurance maladie, est proposée tous les deux ans aux femmes de 50 à 74 ans. Cet examen, réalisé selon un cahier des charges national rigoureux, est interprété successivement par deux radiologues.

C’est le médecin ayant effectué la mammographie qui donne une première interprétation de cet examen. Choisi par la patiente, même hors de son département, il en lit au moins 500 par an. La seconde lecture est assurée dans les quinze jours par un autre radiologue, habilité par le centre départemental de coordination du dépistage parce qu’il scrute plus de 2.000 mammographies par an.

Ce dépistage concerne la tranche d’âge la plus touchée par ce cancer, le pic se situant entre 55 et 65 ans. Il prévoit un examen clinique avec palpation, bras en l’air, et des questions sur les antécédents personnels et familiaux. Suit la prise de deux clichés, de face et à l’oblique de chaque sein, comprimé entre deux plaques. L’appareil de radiologie, à compression dosée, s’adapte à la densité des seins afin que l’examen soit indolore.

Le dépistage précoce sauve des vies

La découverte précoce d’un cancer donne aux femmes dépistées de grandes chances d’être guéries. Le taux de survie à cinq ans du cancer du sein est aujourd’hui de 84 à 90%, grâce au diagnostic précoce. Intérêt de la double lecture de la mammographie : la seconde interprétation a permis en 2004 de "rattraper" 6,7% de cancers non détectés en première interprétation.

"Un cancer du sein de moins d’un centimètre sans envahissement ganglionnaire se guérit presque à 100%. Et le dépistage fait baisser la mortalité de 20 à 30%", souligne la Dre Josiane Brousse-Potocki, médecin directeur de l'Association pour le dépistage des cancers en Morbihan (Adecam). A noter : ce département arrive en tête pour son taux de participation au dépistage (71,5%, alors que la moyenne française est de 45%).

Certaines estiment à tort qu’elles ne courent aucun risque

Il y a des femmes qui ne passent jamais de radiographie des seins. Certaines, qui vivent seules, estiment à tort qu’en l’absence de compagnon elles ne courent aucun risque de cancer. D’autres ne bénéficient pas du programme national de dépistage mais préfèrent se voir prescrire une mammographie par leur médecin. Elles pensent que ce dispositif n’est pas pour elles ou que ce dépistage est de moins bonne qualité. Dans ce cas, ces patientes sont exclues de la prise en charge dès 50 ans, sans avance de frais, et ne bénéficient pas de la double lecture.

Le processus qualité mis en place par les radiologues qui travaillent pour le programme organisé a contribué à l’amélioration de l’ensemble des mammographies. Au centre mutualiste Saint-Victor, à Paris, les appareils de radiologie et de développement, sont vérifiés tous les six mois par une société extérieure. Les négatoscopes, qui permettent de lire les films radiologiques grâce à la lumière qu’ils diffusent, sont également vérifiés régulièrement. Chaque jour, un contrôle interne teste la performance et la nocivité des installations. Et tout nouveau radiologue doit produire une attestation de formation.

Le seul défaut du dispositif organisé, c’est l’absence de prise en charge à 100% des examens complémentaires (échographie, biopsie) et d’une visite médicale après les résultats. "Le dépistage, estime Sophie Koressios, radiologue au centre Saint-Victor, serait plus utile s’il incluait la prise en charge de tous les examens et d’une consultation chez un gynécologue. Et notamment pour certaines patientes qui refusent l’examen complémentaire payant et qui ne se font pas suivre malgré un résultat positif !"

Martine Doriac

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)