Dépenses de soins de ville : évolution contenue en 2013

L'assurance maladie a publié hier le détail de ses remboursements pour 2013. S'il manque les données concernant les hôpitaux, celles sur les soins de ville sont "instructives", soulignent Les Echos (page 4).

Ainsi, comme le rapporte le quotidien, les remboursements de soins de ville ont progressé de 2,6% l'an dernier. Toutefois, l'année 2013 semble suivre la tendance à la modération qui s'était déjà dessinée l'année précédente. Après un "recul historique" de 1,6% des remboursements des médicaments en 2012, une légère baisse de 0,1% a aussi été observée en 2013.

Les indemnités journalières (arrêts maladie) continuent d'être un poste "sage", ajoute le quotidien. En 2012, elles avaient diminué de 1,2%, puis ont "faiblement" augmenté en 2013 de +0,7%. Avec une hausse de 2,7% des honoraires, on parle également de progression "mesurée" concernant les médecins et les dentistes.

En revanche, les soins des auxiliaires médicaux enregistrent un bond de +7,8% (contre +6,4% en 2012). La revalorisation de leurs tarifs en juin 2012 est l'une des explications de cette inflation.

Enfin, en 2013, les dépenses de transports sanitaires ont évolué de +6,4%, malgré le fait que "la Cnam essaie d'imposer des baisses de tarif aux taxis qui transportent des malades (38% des trajets)".

Cette évolution des décaissements ne doit toutefois pas inquiéter les assurés. En effet, comme le rappelle Etienne Lefebvre dans une tribune (page 9) des Echos, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, ne cesse d'indiquer qu'il "n'y aura pas de déremboursement. La prise en charge des malades ne sera pas modifiée".

En revanche, pour "stopper la dérive des comptes" et "nourrir le plan de réduction des dépenses publiques de 50 milliards d'euros promis par François Hollande", l'éditorialiste avance plusieurs pistes, notamment celle d'une meilleure politique de l'offre. Elle passerait par la fixation d'"objectifs plus ambitieux aux contrats de bonne pratique des médecins libéraux". Aussi par une meilleure répartition géographique des professionnels de santé et un élargissement de la délégation des tâches.

A lire aussi dans la presse - Chantier fiscal (deuxième partie)

Le Premier ministre a entamé mercredi son chantier de réforme de la fiscalité en s'attaquant à celle des entreprises. Au tour maintenant de celle des ménages. Ce matin, Jean-Marc Ayrault installe à Matignon un groupe de travail "censé lui donner les clés d'une ré­forme réussie", indique Le Parisien/Au­jour­d'hui (pages 2 et 3).

Composé de syndicalistes, de représentants d'institutions (Banque de France, Conseil d'Etat…), de 5 experts (juristes et économistes) et de 18 parlementaires de droite comme de gauche, ce comité devra "trouver une méthode pour modifier les rouages d'une fisca­lité que tout le monde trouve complexe. Sans pour autant brider le moteur de la croissance", ajoute le quotidien.

Deux députés seront chargés de mener le "gros des travaux", complètent Les Echos (page 3). Dominique Lefebvre, porte-parole du groupe socialiste à la commission des Finances, et l'inspecteur des Finances François Auvigne. Début avril, ils remettront leurs conclusions qui serviront à concrétiser les premières réformes dès le budget 2015.

Deux chantiers semblent d'ores et déjà faire l'objet d'une attention particu­lière, indiquent Les Echos. Le premier est celui du prélèvement à la source. Cette me­sure permettrait aux Français d'éviter des "problèmes de trésorerie liés à leurs changements de situation, notamment en cas de chute brutale des revenus".

Le second chantier est celui du rapprochement du RSA-activité et de la prime pour l'emploi (PPE), deux dispositifs d'aide pour les travailleurs pauvres et dont l'efficacité est contestée. Cette fusion pourrait donner naissance à une "prime d'activité" en remplacement des deux dispositifs.

Déjà envisagée l'an dernier, cette proposition ne semble toutefois pas satisfaire l'Elysée. En effet, l'Elysée craint qu'elle n'affecte les ménages les plus modestes.

En revanche, deux aspects de la fiscalité des ménages ne seront pas abordés par le groupe de travail. Il s'agit de la fiscalité des plus-values, de l'épargne et des successions. Ce thème a été "sanctuarisé", expliquent Les Echos, pour cause de réforme récente.

Enfin, le rapprochement de l'impôt sur le revenu et de la CSG, a été écarté des discussions par le Premier ministre. Pour Jean-Marc Ayrault, l'objectif de la réforme "n'est pas le “grand soir fiscal”, mais d'abord de rendre l'impôt plus transparent et plus juste".

Frédéric Lavignette

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