croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

Dépenses de santé : vers un plan drastique ?

"Les dépenses de santé, c'est l'un des dossiers les plus sensibles sur lesquels l'exécutif planche actuellement", soulignent Les Echos (page 3). Le ministre du Budget reçoit cet après-midi sa collègue de la Santé pour trouver de nouvelles pistes d'économies, à l'heure où le gouvernement cherche à réaliser 50 milliards d'économies dans les dépenses pu­bliques. Dans ce contexte, les dé­penses d'assurance maladie (185 milliards d'euros par an) figurent en tête de liste des postes pouvant être impactés. "Aucune mesure précise ne devrait être annoncée avant avril. Mais il est d'ores et déjà certain que le tour de vis (...) sera historique", prévoit le quotidien économique.

L'objectif de progression des dépenses d'assurance maladie pour la période 2015-2017 ne devrait pas dépasser 2% par an. Ce qui impliquerait un plan d'économies de 3 milliards d'euros par rapport à la croissance spontanée des dépenses. "A première vue, cela ne paraît pas révolutionnaire", jugent Les Echos. Le quotidien rappelle que les dépenses ont déjà été sévèrement bridées, car elles ont progressé de moins de 3% par an, depuis 2010.

"Depuis trois ans, les dépenses de santé effectivement remboursées par la Sécurité sociale ont été systématiquement inférieures au budget voté par le Parlement" dans le cadre du PLFSS, soulignent Les Echos, qui estiment que "cela donne des arguments aux partisans d'une rigueur accrue".

Aller plus loin, sans réduire les remboursements des assurés, comme la ministre de la Santé s'y est engagée, risque de se révéler plus ardu. "Des chantiers ont déjà été lancés depuis plusieurs années", souligne le gouvernement, citant les restructurations hospitalières, la baisse du prix de certains médicaments ou encore l'essor des génériques. Mais ces gisements d'économies étant déjà exploités, il sera difficile d'en obtenir plus de rendement. "Difficile, mais pas impossible, selon une source gouvernementale. L'avantage de la période actuelle, c'est qu'on pourra accélérer des chantiers qui n'avancent pas assez vite."

 

Un statut pour les représentants des patients

Un rapport remis vendredi à la ministre de la Santé préconise la création d'un statut pour les représentants des usagers de la santé. "Ces représentants ne sont pas des bénévoles comme les autres. Ils doivent pouvoir disposer de temps et de moyens, et être aussi formés", explique, dans Libération (page 15), l'auteur du rapport, Claire Compagnon, qui évalue le coût d'une telle mesure à moins de 20 millions d'euros par an.

"De grands changements sociologiques sont en mouvement : la révolution numérique fait évoluer l'accès au savoir et l'organisation des rapports humains au travers des réseaux sociaux, explique cette ancienne responsable de l'association Aides puis de la Ligue natio­nale contre le cancer. Cela a commencé à modifier profondément les mouvements de patients et leurs formes d'action." Il y a aussi "l'émergence de la maladie chronique", ajoute Claire Compagnon, qui estime que "tout ceci oblige à une rénovation en profondeur des conditions de participation des usagers".

La démocratie sanitaire ne concerne pas que les malades. Elle doit aussi s'appliquer aux résidents des maisons de retraite, qui ont parfois du mal à faire respecter ne serait-ce que leur droit à l'intimité. "La question de la défense des droits dans ce secteur est insuffisamment traitée, ce qui est d'autant plus problématique qu'il s'agit de populations particulièrement vulnérables", déplore, dans Libération, l'auteure du rapport.

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)