Dépendance : reconnaissance des aidants familiaux

Le projet de loi sur "l'adaptation de la société au vieillissement" revient aujourd'hui à l'Assemblée nationale. Il fait du maintien à domicile sa priorité, soulignent Les Echos (page 4). Le texte avait été adopté en première lecture par les députés en septembre 2014 et par les sénateurs en mars dernier. Il prévoit des moyens financiers supplémentaires et une restructuration du secteur des services à domicile.

La contribution additionnelle de solidarité à l'autonomie (Casa), créée en 2013, "va enfin revenir aux personnes dépendantes", écrit le quotidien économique : soit quelque 700 millions d'euros en plus, indique le journal. Plus de la moitié de cette somme (375 millions d'euros) sera consacrée à la mesure phare du projet de loi : la revalorisation de l'allocation personnalisée à l'autonomie (Apa), qui concerne 700.000 personnes âgées. Pour les 140.000 personnes à domicile reconnues comme très dépendantes (Gir 1 et 2), "cela peut signifier jusqu'à une heure d'aide de plus chaque jour", contre une heure par semaine pour les plus autonomes.

La contribution additionnelle de solidarité à l'autonomie (Casa), créée en 2013, va enfin revenir aux personnes dépendantes.

Quant aux quatre millions d'aidants familiaux qui ne comptent par leur temps pour s'occuper des personnes âgées, ils sont pour la première fois reconnus, notent Les Echos. Un "droit au répit" est instauré à leur attention. Il comporte un financement maximum de 500 euros par mois destinés à les aider à placer la personne aidée dans un hébergement temporaire ou un hôpital de jour. "Le projet de loi s'attache aussi à structurer le secteur de l'aide à domicile, très morcelé, et à le professionnaliser", poursuivent Les Echos. En échange, "le gouvernement souhaite rationnaliser l'offre". Ainsi, fin sera mise à la possibilité de se faire agréer par l'Etat. "Tout le monde sera soumis au même régime d'autorisation par les conseils départementaux, qui veillent au maillage des services à domicile", précise le quotidien économique.

A lire aussi dans la presse

François Hollande s'attaque aux déserts médicaux

En président lui-même un "comité interministériel aux ruralités" délocalisé à Vesoul (Haute-Saône), François Hollande a voulu montrer qu'il était sensible au mécontentement grandissant dans les territoires qui se sentent "abandonnés", souligne La Croix (page 6). Le président de la République a annoncé une vingtaine de mesures et un budget de 500 millions d'euros en faveur des zones rurales. Parmi celles-ci, il s'est engagé à ce que 700 médecins généralistes soient formés à l'aide médicale d'urgence, afin qu'aucun habitant ne soit à plus de trente minutes d'un service d'urgence d'ici à 2017, note Le Parisien/Aujourd'hui (page 6). L'installation des médecins en milieu rural sera aussi favorisée. De 350 contrats pour l'installation de jeunes médecins dans ces territoires en 2012, on passera à 1.700 d'ici à 2017. Dès 2012, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, avait lancé l'idée de "praticiens territoriaux de médecine générale" (PTMG), qui moyennant certains avantages, s'engageaient à s'installer dans une zone sous dotée, rappelle Le Parisien/Aujourd'hui (page 6). Fin 2014, les PTMG n'étaient que 345, pour un objectif de 400. "On se demande comment les agences régionales de santé trouveront 1.300 candidats en trois ans ? Mais Hollande faisait peut-être aussi allusion aux contrats d'engagement de service public, créés en 2010", qui incitent les futurs médecins à s'installer dans les déserts médicaux, explique le quotidien.

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)