Dépendance : quel financement ?

La majorité des Français ne veulent pas d'une cinquième branche de la Sécurité sociale dédiée à la dépendance, financée par une hausse des cotisations sociales ou de la contribution sociale généralisée (CSG). C'est ce que révèle le sondage réalisé par TNS-Sofres pour la Fédération hospitalière de France (FHF) et rendu public hier, souligne La Tribune (page 31). Pour financer la dépendance, 52% des personnes interrogées préfèrent "laisser à chacun la possibilité de souscrire une assurance qui couvre le moment venu les frais qui lui sont liés". Seulement un tiers des Français (32%) privilégient une augmentation des prélèvements obligatoires et des cotisations sociales "afin d'assurer une prise en charge de la dépendance par la solidarité nationale".

Autre enseignement de ce sondage : 96% des personnes interrogées considèrent comme "excessive" la charge financière représentée par un hébergement en maison de retraite et 69% estiment que leur famille ne pourrait pas l'assumer. "Avec un reste à charge pour les familles en moyenne de 1.500 euros par mois, et une retraite moyenne de 1.200 euros, il faudra traiter le financement en terme de solidarité nationale", a estimé hier Claude Evin, président de la FHF, lors de la conférence de presse présentant les résultats du sondage.

De leur côté, deux associations, l'AD-PA (directeurs de maisons de retraite) et la Fnapaef (personnes âgées résidant en maisons de retraite et leurs familles) ont demandé hier au président de la République de "réunir à la rentrée une conférence nationale regroupant les acteurs concernés, les partenaires sociaux et les pouvoirs publics", indique Le Figaro (page 12). "Disponibles pour travailler" sur ce dossier avec le nouveau chef de l'Etat, les deux associations lui demandent "d'aborder l'accompagnement de l'ensemble des personnes âgées fragilisées comme une grande question de société". Pendant la campagne électorale, Nicolas Sarkozy a promis la création d'une cinquième branche de la Sécurité sociale pour prendre en charge la perte d'autonomie des personnes âgées, rappelle le quotidien La Croix (page 9). Il a également annoncé sa volonté de mettre en œuvre un "plan Alzheimer", comparable au "plan Handicap" de Jacques Chirac.

Dans un long entretien publié dans La Croix (pages 8 et 9), Denis Piveteau, directeur de la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA), défend également la création de cette cinquième branche de la "Sécu". "Il faut privilégier une approche globale permettant de construire une solidarité pérenne face aux besoins de l'ensemble des personnes en perte d'autonomie", déclare-t-il. Denis Piveteau souligne que pour les dépenses de soins, "il y aura un choix exigeant à faire lors du vote des prochains budgets de la Sécurité sociale". Quant aux dépenses liées à la perte d'autonomie, à défaut de "redéploiements des dépenses publiques", il faudra selon lui réfléchir à "un effort supplémentaire de solidarité collective".

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Avec la création d'un ministère de la Stratégie économique et de l'Emploi, d'un côté, et d'un ministère des Comptes, de l'autre, "Nicolas Sarkozy prépare un big bang ministériel", estime Le Figaro, qui consacre sa "une" et une pleine page intérieure à ce projet qui pourrait "modifier profondément l'architecture des grands ministères". Ce futur ministère des Comptes regrouperait non seulement le Budget, la Fonction publique et la réforme de l'Etat, mais il gérerait également les comptes de la Sécurité sociale et des collectivités locales. Alain Lambert, ancien ministre du Budget, est un ardent défenseur de cette réforme. "Le budget de l'Etat, c'est 30% des finances publiques, la Sécu 50% et les collectivités locales 20% : il faut créer une direction financière unique, comme dans les entreprises", plaide le conseiller économique de Nicolas Sarkozy. Selon Le Figaro (page 8), ce ministère des Comptes pourrait échoir à Xavier Bertrand, ancien ministre de la Santé.