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Dépendance : la seconde journée de solidarité contestée

La piste de la création d'une seconde journée de solidarité pour la dépendance provoque des réactions critiques de toutes parts. Notamment parce que l'effort ne reposerait que sur les seuls salariés.

L'éventualité, évoquée par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, de créer une seconde journée de solidarité afin de financer la dépendance n'a vraiment pas reçu un bon accueil. Dans l'entretien qu'il a donné le 15 avril 2018 sur BFMTV, le chef de l'Etat, Emmanuel Macron, a pourtant estimé que cette possibilité constituait "une piste intéressante". Cette idée d'imposer aux salariés une deuxième journée travaillée mais non payée "n'est pas forcément une mauvaise idée", a-t-il insisté, cité dans Le Monde. La première journée de solidarité avait été mise en place par le gouvernement Raffarin après la canicule de 2003, particulièrement meurtrière pour les personnes âgées.

Or, a rappelé le président de la République, à l'horizon 2050, la France comptera 5 millions de personnes de plus 85 ans, contre 1,5 million actuellement.

L'idée d'une seconde journée sur ce modèle a déjà suscité les réactions sans appel de certains syndicats et dans l'opposition. Parmi les premiers, signale Le Figaro, la CFDT, qui juge que la dépendance relevant du risque "universel", elle doit être financée par des impôts reposant sur "tous les revenus", et pas uniquement sur ceux des salariés.

Même les syndicats patronaux ont émis des réserves, poursuit le quotidien. Pierre Gattaz, le président Medef, a estimé, le 17 avril 2018, avoir "un petit souci aussi avec ce sujet-là, même [s'il] pense que ça peut faire partie d'une palette de solutions". Et de poser la même question : "Est-ce que c'est normal que seulement les salariés paient pour l'ensemble de la population ?".

Plus nuancé, rapporte Ouest-France, le président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), François Asselin, s'est dit "favorable" à la journée de solidarité "sur le principe", à condition que "le secteur marchand et le secteur public y contribuent équitablement".

Du côté des partis politiques, les critiques sont encore plus fermes. Christian Jacob, le président du groupe Les Républicains à l'Assemblée nationale, pointe une contradiction du président. Lequel annonce qu'il n'y aurait pas de nouveaux impôts alors que les Français seront sollicités pour financer la prise en charge de la dépendance. "Arrêtons de charger la barque, a-t-il ajouté, le président de la République se fiche du monde".

Quant à l'ancien candidat socialiste à la présidentielle Benoît Hamon, il propose tout simplement la mise en place d'une "journée de solidarité des riches", qui serait financée par le capital et non par le travail. Autrement dit par "la spéculation plutôt que les salaires", indique Libération.

La Fédération nationale des associations de directeurs d’établissements et de services pour personnes âgées (Fnadepa), pour sa part, voit dans cette piste "un premier pas important", bien qu'encore insuffisant, précise Ouest-France. Dans un communiqué, cet organisme rappelle que la dépendance représentera un coût de 12,6 milliards d’euros (0,65% du PIB) à l’horizon 2040. Une réalité qui, selon lui, appelle une solution "protéiforme".

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Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)