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Dépendance : la Mutualité Française s’inscrit dans la concertation

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, lance ce lundi 1er octobre 2018 son plan "Grand âge et autonomie". A cette occasion, la Mutualité Française publie une étude sur les restes à charge des personnes âgées en perte d'autonomie, et annonce une série de propositions d'ici à la fin de l'année.

C'est au 42e congrès de la Mutualité Française, à Montpellier, en juin 2018, que le président de la République, Emmanuel Macron, avait annoncé la création "avant fin 2019", d'un nouveau risque couvrant la dépendance, rappellent ce matin Les Echos.

Et c'est ce lundi 1er octobre 2018 que la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, lance la concertation sur le grand âge et le financement de la perte d'autonomie, qui doit s'achever à la fin de l'année. "La Mutualité Française est le premier organisme à y participer", soulignait ce matin RTL.

Celle-ci publie en effet une vaste étude sur les impacts financiers et sociaux du vieillissement de la population. "Nous souhaitons porter la cause du grand âge, en être les militants, comme d'autres se mobilisent autour du handicap", confirme son président, Thierry Beaudet, dans un entretien aux Echos. "Ce serait une évolution naturelle. Aujourd'hui, 70% des plus de 65 ans choisissent déjà une mutuelle pour leur complémentaire santé, et cette proportion augmente avec l'âge. De plus, nous gérons 200 Ehpad [Etablissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes], et nous développons des dispositifs tels que les services de soins infirmiers à domicile, la télé-assistance et les équipements connectés. Nous voulons amplifier ces services auxquels les gens sont attachés, et les solvabiliser."

Dans son Observatoire sur les impacts financiers du vieillissement de la population, la Mutualité estime à 30 milliards d'euros des dépenses liées à la prise en charge des personnes en perte d'autonomie, chiffre qui englobe le surcroît de dépenses de santé directement liées à la perte d'autonomie, les dépenses permettant à une personne âgée en situation de perte d'autonomie d'effectuer des actes de la vie quotidienne et les dépenses liées à son hébergement.

Un mois d'hébergement en Ehpad coûte en moyenne 2.500 euros par mois, pour les seniors les plus sévèrement dépendants, révèle cette étude. Malgré les différentes aides publiques (allocation personnalisée d'autonomie, aide sociale à l'hébergement…), le reste à charge est de 2.000 euros par mois, avec des disparités importantes selon les départements.

"Nous constatons que la moitié des résidents en Ehpad ont un reste à charge supérieur à leurs ressources. Pour cinq ans en établissement, les pensionnaires doivent eux-mêmes débourser 153 000 euros, dont en moyenne 47 000 euros leur manquent", déplore Thierry Beaudet, dans les Echos.

Quand elles parviennent à se maintenir à leur domicile, les personnes âgées dépendantes ont-elles aussi des restes à charge qui mangent la totalité de leurs revenus. La situation est plus supportable quand elles peuvent s'appuyer sur des aidants. Grâce à ces interventions, le plus souvent familiales, le reste à charge tombe à moins de 120 euros par mois pour les dépendances les plus sévères, et disparait quasiment pour les autres, rapporte le quotidien économique.

En parallèle, souligne l'étude de la Mutualité Française, le niveau de vie des retraités, supérieur à celui des actifs, va devenir nettement inférieur dans les trente ou quarante prochaines années.

"Le vieillissement de la population s'accélère, le niveau de vie des retraités devrait diminuer, de même que le nombre des aidants, a indiqué Thierry Beaudet au micro de RTL. Quand on met tous ces éléments en perspective, on se dit qu'il faut développer les financements publics, notamment pour mieux faire face aux besoins d'hébergement". Autre évolution nécessaire : "A partir d'un certain âge, ajouter une part dépendance dans les contrats santé pourrait être une réponse adaptée, estime-t-il. Pour que cela fonctionne, il faut une forme d'inclusion, ou d'obligation de cotiser", précise-t-il dans Les Echos. Et d'ajouter : "Si l'assurance devient obligatoire, les gens l'accepteront, car ils perçoivent de plus en plus que c'est une nécessité".

"A quel âge la cotisation devrait-elle devenir obligatoire ?", interrogent Les Echos. "On peut se demander s'il est nécessaire de faire payer les jeunes familles, qui ont d'autres soucis à financer. Certains trouvent logique que l'on fasse cotiser les actifs pour leur retraite, puis les retraités pour leur dépendance. Nous prendrons position d'ici la fin de l'année", annonce Thierry Beaudet.

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John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)