Départementales : large défaite à gauche

Après ses défaites aux élections municipales, européennes et sénatoriales, la gauche vient d'essuyer un quatrième revers. A deux ans de la présidentielle, le deuxième tour des élections départementales a en effet sanctionné le parti de la majorité.

Hier encore, et depuis 2011, écrit Libération (pages 2 à 11), la gauche dirigeait 61 départements sur 101. Désormais, elle n'en possède plus que 31, alors que la droite en a remporté 66. Certes, note le quotidien, la gauche pourra "se réconforter en se disant qu'elle a échappé à la bérézina historique de 1992". Autre motif de réconfort pour elle, le raz-de-marée FN redouté ne s'est pas produit, puisque le parti de Marine Le Pen n'obtient aucun département.

"Il n'empêche, écrit Le Parisien/Au­jourd'hui (pages 2 à 11), l'extrême droite s'enracine : le parti lepéniste, qui n'avait qu'un seul conseiller général sortant, peut tabler sur une petite centaine demain dans ces assemblées locales. Bref, une étape de plus dans l'ancrage du Front national dans un paysage politique désormais caractérisé par le tripartisme PS-UMP-FN."

La perte de plusieurs départements symboliques est cependant difficile à admettre pour l'exécutif. "La Corrèze, ancien fief de Jacques Chirac dont François Hollande avait conquis la présidence en 2008", est notamment perdue, rapporte Le Figaro (pages 2 à 12). De même pour l'Essonne, le département d'élection de Manuel Valls.

"Autre prise de choix, relève le quotidien : les Côtes-d'Armor, où la droite met un terme à 39 ans de présidence socialiste en prenant 34 sièges contre 20. L'Ain, les Bouches-du-Rhône, la Charente, le Cher, la Creuse, le Doubs, la Drôme, l'Eure, l'Indre-et-Loire, l'Isère, le Jura, l'Oise, les Pyrénées-Atlantiques, la Saône-et-Loire, la Seine-Maritime, les Deux-Sèvres, la Somme, le Territoire de Belfort et Mayotte passent également à droite, en plus du Nord et de la Seine-et-Marne."

Dès les premiers résultats, le Premier ministre, Manuel Valls, a pris acte de la victoire de la droite et désigné la division de la gauche comme responsable de cette lourde défaite. Dans la foulée, il a an­noncé de "nouvelles mesures" en faveur de "l'investissement public et privé", ainsi que pour "favoriser la création d'emplois" dans les PME et TPE, écrivent Les Echos (pages 2 et 3). De son côté, le président de l'UMP, Nicolas Sarkozy, "n'a pas boudé son plaisir", ajoute le quotidien, et considéré que "l'alternance est en marche. Rien ne l'arrêtera !".

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C'est au 1er avril qu'entreront en vigueur les nouvelles règles des contrats responsables, rapporte Le Figaro (page 23) de samedi, qui rappelle à cette occasion l'autre mesure phare mise en place par les pouvoirs publics pour améliorer l'accès aux soins des Français : il s'agit de l'accord national interprofessionnel (Ani), qui, au 1er janvier 2016, obligera toutes les entreprises à souscrire une assurance santé collective pour leurs salariés.

Du fait de cette réforme, ce sont 5 milliards d'euros de primes d'assurances individuelles qui devraient basculer vers des contrats collectifs. Contrats que proposent les mutuelles, les institutions de prévoyance, les compagnies d'assurances, mais aussi les bancassureurs.

Ces derniers, explique le quotidien, "entendent valoriser les liens de leurs maisons respectives avec les entreprises pour emporter une part du marché face aux instituts de prévoyance (AG2R La Mondiale, Malakoff Médéric…), piliers historiques de l'assurance-santé collective". La Sogecap, une filiale assurance de la Société générale, a par exemple entamé en janvier la commercialisation de son offre d'assurance santé auprès du fonds de commerce de la banque, soit 300.000 entreprises. BNP Paribas lancera la sienne à compter du second semestre.

Au Crédit agricole, après une phase de tests, chaque caisse s'apprête à recruter deux ou trois spécialistes de la santé formés par la filiale assurances pour déployer des contrats d'assurance santé, écrit Le Figaro. Une stratégie qui leur permettra également de "faire connaître les services bancaires du groupe à de potentiels nouveaux clients".

Frédéric Lavignette

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