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Dépakine® : 4.000 enfants pourraient être atteints

Prescrit à leurs mères pendant leur grossesse, un antiépileptique, la Dépakine® a provoqué, entre 1967 et 2016, la malformation majeure de 2.150 à 4.100 enfants. Des données rendues publiques, hier, par les autorités sanitaires.

Depuis cinquante ans qu'elle est commercialisée, la Dépakine®, tout comme ses dérivés, a provoqué des malformations congénitales graves chez 2.150 à 4.100 enfants. "Des chiffres à faire frémir", note Libération, que l'on doit à l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et à l'assurance maladie qui les ont dévoilés hier, jeudi 20 avril 2017, à la suite d'une enquête approfondie.

Ces données, explique le quotidien, constituent "la première évaluation officielle" du nombre d'enfants atteints in utero par ce traitement au valproate prescrit à leurs mères durant leur grossesse.
Entre 1967 et 2016, période de sa commercialisation, ce médicament s'est imposé comme une référence afin de lutter contre l'épilepsie et les troubles bipolaires, signale La Croix. Entre 64.100 et 100.000 grossesses auraient ainsi été exposées durant ce laps de temps, précise Le Figaro.

C'est seulement à partir des années 1980 que les premiers doutes sont apparus. Plusieurs études ont en effet montré que "la Dépakine® augmentait le risque de malformation fœtale, ajoute La Croix. Dans les années 2000, il a aussi été mis en évidence un risque augmenté de retard du développement". Ce qui n'a en rien empêché la poursuite des prescriptions. Malgré ces signaux, 14.322 femmes enceintes ont continué à être suivies à la Dépakine® entre 2007 et 2014.

Au cours de la période 2011-2015, cinquante-neuf cas de malformations ont été identifiés chez les enfants de 2.323 femmes sous traitement au valproate, rapporte Le Monde. Il s'agit, par exemple, d'anomalies neurologiques comme la spina bifida, des atteintes du système cardio-vasculaire, ou encore des systèmes digestif et génital.

Cette étude, déplore dans Le Parisien l'avocat de nombreux plaignants, Me Charles Joseph-Oudin, "ne parle que des malformations physiques, ce n'est que la face émergée de l'iceberg". Selon lui, en effet, les troubles neurodéveloppementaux tels que l'autisme sont bien plus fréquents, ce "qui va entraîner une dépendance et nécessiter l'aide d'une tierce personne à vie".

Depuis le mois de septembre, des juges d'instruction du pôle de santé publique de Paris sont saisis d'une enquête sur la commercialisation et la prescription de cet antiépileptique. Et d'ici peu, prévient l'avocat, une procédure d'indemnisation devant l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux (Oniam) devrait être ouverte afin d'indemniser la trentaine de dossiers déjà déposés au tribunal de grande instance de Bobigny et à Nanterre.

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Frédéric Lavignette

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