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Dentaire, optique, audioprothèses : Thierry Beaudet appelle à « mettre autour de la table les acteurs concernés »

Annoncée par le chef du gouvernement, la mesure visant à supprimer le reste à charge pour les prothèses dentaires, auditives et optiques doit être "concrétisée" par l'ensemble des acteurs concernés, demande le président de la Mutualité Française, Thierry Beaudet.

Dans son discours de politique générale, le mardi 4 juillet, le Premier ministre, Edouard Philippe, a confirmé la promesse de campagne d’Emmanuel Macron : d’ici à 2022, les Français auront accès à des offres sans reste à charge pour les lunettes, les prothèses dentaires et les aides auditives. Une mesure dont les modalités concrètes restent à définir.

Le reste à charge, rappelle-t-on, est la somme déboursée par les patients après remboursement de la Sécurité sociale et des complémentaires. Sur les trois postes que sont les prothèses dentaires, les lunettes et les audioprothèses, la Sécu rembourse environ 20% des soins et les complémentaires santé 50%.

Il reste donc 30% à la charge des ménages, soit 4,4 milliards d’euros, a estimé hier le président de la Mutualité Française, Thierry Beaudet, invité, avec l’économiste de la santé Claude Le Pen, du Débat d’Europe Midi. Sur cette masse, 60% des coûts concernent les soins dentaires, a précisé Claude Le Pen.

Comment annuler le reste à charge sur ces dépenses de santé ? "Ces dernières années, nous avons souvent observé que lorsque nous améliorions le remboursement des mutuelles, on assistait parfois, dans le même mouvement, à une augmentation des prix des lunettes, des prothèses dentaires et des prothèses auditives. Au final, ça ne changeait rien au reste à payer des Français", a fait valoir Thierry Beaudet.

Pour Claude Le Pen, trois pistes sont possibles. La première consiste à demander à l’assurance maladie de prendre en charge l'intégralité des dépenses, mais compte tenu de son déficit, ce scénario est "peu probable", reconnait l'économiste. La deuxième serait de demander aux complémentaires d'accroitre la prise en charge de ces soins, mais dès lors "elles devront augmenter leurs cotisations", explique-t-il. Un argument similaire à celui développé par Thierry Beaudet, hier, au journal de 13 heures de TF 1 .

Dernière option : demander aux professionnels de diminuer leurs tarifs de manière à ce que les complémentaires en couvrent une partie mais pas l’intégralité. En somme, résume l’économiste, "c’est une interface entre les professionnels de santé et les complémentaires" qu’il faut instaurer.

Pour Thierry Beaudet, c’est effectivement "le bon moment pour mettre autour de la table les acteurs concernés". Le président de la Mutualité Française demande aux professionnels d’agir sur les prix. "Pour que ce soit le plus neutre possible pour les Français en matière de cotisations, a-t-il insisté dans le journal de 8 heures d’Europe 1, il va falloir donner aux mutuelles la possibilité de dialoguer avec les professionnels de santé pour s'accorder sur le prix des lunettes, des prothèses dentaires, des prothèses auditives. C'est une nécessité".

Désormais, prévient-il dans le Débat d’Europe Midi, "il faut rendre concret la proposition de reste à charge zéro qui, pour moi, à ce stade, n’est qu’une formule. […] Ce que je veux dire, c’est qu’il faut dans le détail prendre la question des remboursements de manière très précise pour voir sur quels soins, sur quelles prestations on souhaiterait faire porter le reste à charge zéro." Par exemple, les montures de lunettes, dont beaucoup sont devenues des accessoires de mode, devront-elles être concernées par cette mesure, au même titre que les verres correcteurs ?

 

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Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)