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Démence : le nombre de cas pourrait augmenter de plus de 40% en vingt ans

Le vieillissement de la population va générer une augmentation massive du nombre de personnes atteintes de démence d'ici vingt ans, comme le note l'OCDE. Pour le Dr Olivier de Ladoucette, psychiatre gérontologue, président de la Fondation pour la recherche sur Alzheimer, il est urgent de "redorer les filières sanitaire et médico-sociale en lien avec la gériatrie".

La prévalence de la démence pourrait croître de plus de 40% d'ici vingt ans : c'est l'un des constats du "Panorama de la santé 2017" publié le 10 novembre par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). "La démence correspond à une catégorie de troubles du cerveau qui entraînent des lésions cérébrales provoquant une détérioration progressive des capacités fonctionnelles et des relations sociales de l'individu", explique cette organisation. En 2017, au sein des pays de l'OCDE, on estimait que 18,7 millions de personnes étaient atteintes de ces troubles, soit environ une sur 69.

La prévalence de la démence augmente rapidement avec l'âge. Ainsi, il existe actuellement 15% de risques d'être atteint de la maladie d'Alzheimer à 80 ans, 20% à 85 ans, 30% à 90 ans, et 50% à 100 ans, indique le Dr Olivier de Ladoucette, psychiatre gérontologue, président de la Fondation pour la recherche sur Alzheimer. La maladie d'Alzheimer est la forme la plus courante de la démence : elle représente 60 à 80% des cas, note l'OCDE.

Toutefois, si l'on compare les gens âgés de 80 ans aujourd'hui à ceux qui avaient 80 ans il y a vingt ans, on constate qu'un moins grand nombre est atteint de la maladie d'Alzheimer, ajoute le praticien. Olivier de Ladoucette en attribue la cause à un meilleur état de santé, à la plus longue durée de scolarisation des femmes et au fait qu'elles aient été plus nombreuses à occuper un emploi, ce qui les a protégées du déclin cognitif.

"A un âge donné, je pense que le nombre de sujets atteints va continuer de diminuer, mais comme la population vieillit, il y aura mécaniquement plus de personnes malades", explique ce spécialiste.

"Que va-t-il advenir de la solidarité intergénérationnelle si plusieurs membres âgés d'une même famille sont atteints d'Alzheimer ? Le poids sera trop lourd pour les aidant familiaux qui ne pourront plus les prendre en charge", prévient-il.

Un vieillissement occulté

Les conséquences seront aussi économiques. Les besoins en personnel pour entourer les personnes souffrant de cette pathologie sont importants et les structures d'accueil sont généralement sous-équipées, estime ce psychiatre gérontologue. "On est sous-doté compte tenu de l'urgence". Pour lui, les programmes de recherche sur les maladies neuro-dégénératives sont insuffisamment dotés. "Nous avons un problème de mentalité : on occulte le vieillissement, qui fait peur, et on opte pour la politique de l'autruche", ajoute-t-il.

Pour ce médecin, une piste à suivre est de "redorer les filières sanitaire et médico-sociale en lien avec la gériatrie". Des filières fortement pourvoyeuses d'emplois, mais qui pour l'heure peinent à susciter des vocations. "Il faut que les Français assument d'être dans l'un des pays du monde où l'on vit le plus vieux", conclut-il.

Anne Baudeneau

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)