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Déficit de la « Sécu » : les Français inquiets

La majorité des Français ne se fait plus d'illusion sur le déficit de la "Sécu". En dépit des promesses formulées par tous les gouvernements au pouvoir, 75% d'entre eux sont en effet persuadés que le trou est voué à s'accroître.

Ce résultat est tiré d'un sondage publié à l'occasion du 13e Forum international de gestion de la santé organisé aujourd'hui et demain par Les Echos et Le Quotidien du médecin en association avec la Mutualité française. Cette étude traduit un certain pessimisme de nos concitoyens, indiquent Les Echos (page 4).

Intitulée "Les comportements des Français en matière de santé", elle montre en effet "une inquiétude grandissante" sur l'avenir de notre système de soins. Ainsi, 59% des personnes interrogées constatent que "la facilité d'accès aux soins diminue" et 47% trouvent que la "qualité des soins" baisse, rapporte le quotidien économique.

Questionnés sur ces difficultés économiques, les Français pensent que "l'aggravation des déficits et l'augmentation du coût de la santé devraient être en priorité supportés par les industriels du médicament". Pour cela, ils estiment qu'une hausse des taxes et une baisse des prix pourraient faciliter leur accès à la santé. De la même façon, les ménages les plus aisés devraient supporter une partie des coûts, notamment grâce à une modulation des remboursements "en fonction des revenus".

Plus largement, les Français semblent de moins en moins disposés à mettre "la main à la poche pour contribuer au rééquilibrage de l'assurance maladie". En effet, seuls 51% d'entre eux se déclarent prêts à faire un nouvel effort financier pour réduire le déficit, contre 49% qui y sont opposés (32% ne sont "pas d'accord du tout").

Selon une autre étude que signale La Tribune (page 28), la hausse des dépenses dans notre pays serait moins élevée que chez nos voisins. Dans son panorama 2007 de la santé, l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) relève que la France est l'un des pays où les dépenses ont "le moins progressé au cours des dix dernières années", avec une hausse moyenne de 2,3% entre 1995 et 2005.

Ainsi explique ce quotidien, avec celles de l'Allemagne, les dépenses françaises de santé ont progressé deux fois moins rapidement que dans l'ensemble de l'OCDE. Toutefois, nuance le rapport, ces deux pays se situent dans la moitié supérieure de l'OCDE en matière de santé.

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Nicolas Sarkozy l'a encore répété hier, à la veille de cette journée de grève, les réformes sur les régimes spéciaux de retraites auront bien lieu. Intervenant devant le Parlement européen, le président de la République a déclaré : "Je les mènerai jusqu'au bout, rien ne me détournera de mon objectif", indique La Tribune (page 25).

Le Premier ministre a affiché la même détermination à l'Assemblée nationale. Comme l'indiquent Les Echos (pages 2 à 3), François Fillon estime qu'"il n'y a aucune raison à ce qu'il reste 500.000 personnes, les ressortissants des régimes spéciaux, à 37 annuités et demi de cotisation, d'autant que le déficit de ces régimes est partagé par tous les Français".

Aussi, seule une négociation entre l'Etat, les syndicats et les entreprises concernées semble être la voie à suivre pour éviter un prolongement du conflit. Comme le titre en "une" Libération : ce sera "la négo ou le chaos".

Déjà, signale Le Parisien/Aujourd'hui (pages 2 à 5), le ministre du Travail, Xavier Bertrand a commencé par recevoir le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, et deux responsables de la SNCF et de la RATP. Selon Le Figaro (pages 6 à 9), "le leader de la CGT a proposé des négociations tripartites (Etat, salariés, entreprises), mais régime par régime, dans un délai d'un mois". Le ministre du Travail a pris acte de cette demande, signale le quotidien. Quant aux autres syndicats, annoncent Les Echos, ils seront aujourd'hui reçus à leur tour de façon à laisser la porte ouverte.

"Une fois n'est pas coutume dans un conflit d'une telle ampleur, les tractations auront continué jusqu'au bout", constatent Les Echos. Mais "si cette tentative ultime de dialogue échoue, le président de la République comme le Premier ministre sont convaincus que, contrairement aux mouvements de 1995, les Français soutiennent majoritairement la réforme. Ils misent donc sur l'appui de l'opinion pour tenir bon face aux grévistes", poursuit La Tribune.

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)