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Défendre l’intérêt général

Alors que les députés examinent à partir d'aujourd'hui le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2008, le président de la Mutualité française rappelle, dans un long entretien publié aujourd'hui dans Le Quotidien du médecin (page 4), l'"hostilité" de la Mutualité française à l'encontre des franchises médicales.

Elles sont "un mauvais choix, une erreur", explique-t-il. Interrogé sur leur remboursement par les mutuelles, il estime que "très peu" de groupements les prendront en charge car le gouvernement "a tout fait" pour les en dissuader.

Toutefois, ce PLFSS fixe plusieurs orientations "frappées au coin du bon sens". Jean-Pierre Davant cite les principales dispositions de ce texte qui vont dans le bon sens : "Expérimenter de nouveaux modes de rémunération des médecins, tenter de rendre plus homogène leur répartition sur le territoire, accroître la transparence tarifaire, poser la question de négociations tripartites avec les complémentaires."

"Faut-il interdire l'installation des médecins dans les zones excédentaires ?", interroge Jean-Pierre Davant. Pour lui, il "ne serait pas illogique" de "faire le lien entre le conventionnement des praticiens à la Sécurité sociale et l'installation". Quid de la maîtrise médicalisée depuis deux ans ? "On joue au poker menteur. On ne peut se donner l'illusion d'une maîtrise médicalisée avec des objectifs jamais atteints", répond-il.

Concernant le débat sur le financement du système de santé, annoncé pour début 2008 par le gouvernement, Jean-Pierre Davant indique que la Mutualité française est prête à s'impliquer, "loyalement et sans diktat", dans ce débat avec "l'intérêt général" comme "fil directeur".

Mais, "pas question" que les mutuelles soit "cantonnées à la périphérie des soins". "Si nous augmentons notre part dans la prise en charge des dépenses, cela devra s'accompagner par plus de responsabilité dans la gestion du risque", explique-t-il. "On veut discuter de la qualité des soins, de leur coût, passer des conventions avec les professionnels de santé", propose, entre autres, Jean-Pierre Davant.

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Dans un entretien accordé à La Tribune (page 28), la ministre de la Santé promet qu'il y aura "de la marge pour les amendements" lors du débat parlementaire sur le budget 2008 de la "Sécu". En particulier pour ceux qui visent à réduire les déserts médicaux. Confrontée à la grève des internes qui souhaitent obtenir le retrait des articles limitant l'installation des médecins dans les zones surmédicalisées, Roselyne Bachelot indique qu'elle souhaite "ouvrir le dialogue conventionnel" avec l'ensemble des parties prenantes, "notamment les internes et les jeunes médecins".

A propos d'amendement, il en est un qui mérite une attention particulière. En effet, la commission des Affaires sociales de l'Assemblée a adopté un texte qui prévoit "l'obligation" pour les spécialistes de secteur 2 de "respecter les tarifs opposables sur une part de son activité", relève Le Figaro-économie (page 26). Il s'agit, comme l'explique son auteur, Yves Bur (UMP, Bas Rhin), de garantir une offre au tarif du secteur 1, dans "les territoires et les spécialités où existe, de fait, un monopole du secteur 2".

Autre sujet : le dossier médical personnel (DMP). Dans son entretien à La Tribune, Roselyne Bachelot indique qu'il "pourrait ne concerner, dans un premier temps, qu'une partie du territoire, ou ne concerner, par exemple, que les patients en affections longue durée". "Ce qui est sûr, c'est que la mise en place du DMP sera longue.

Dans les pays voisins, sa création a duré entre dix et quinze ans", souligne la ministre. Enfin, interrogée sur d'éventuelles dérogations à l'application de l'interdiction de fumer dans les bars, cafés et restaurants à partir du 1er janvier 2008, Roselyne Bachelot répond que "le décret sera appliqué".

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)