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Cour des comptes : 19 maternités en ligne de mire

"Une nouvelle étape de recomposition du réseau des maternités est inévitable et nécessaire", estime la Cour des comptes dans un rapport commandé par la commission des Affaires sociales du Sénat, rendu public vendredi, rapporte Libération du week-end page 17.

En France, une maternité doit effectuer plus de 300 accouchements par an pour continuer son activité en toute sécurité, rappelle Le Figaro de samedi (page 21). Publiés en 1998, deux décrets instituant ce seuil ont entraîné de nombreuses fermetures pendant les années 2000.

Mais, "les très petites maternités fonctionnent dans des conditions de sécurité qui sont insuffisamment vérifiées", souligne le rapport de la Cour des comptes. Dans sa ligne de mire, dix-neuf maternités, qui restent ouvertes, bien qu’elles se situent en dessous du seuil des 300 accouchements par an. Le Parisien/Aujourd’hui de samedi (page 9) cite les exemples de la maternité de Die (Drôme) avec seulement 177 naissances en 2013, ou celle d’Ussel (Corrèze), où sont signalés des "risques avérés en matière de sécurité".

Le rapport préconise donc de "revoir certaines règles actuellement en vigueur, notamment en examinant le relèvement du seuil d’activité minimal de 300 accouchements par an", note Libération. "Il appartient aux pouvoirs publics" de conduire cette réforme "pour que les réorganisations à venir soient l’opportunité de progrès indispensables".

Des décisions difficiles à faire passer auprès des maires des localités menacées de perdre leur maternité. Le sénateur Jean-Marie Vanlerenberghe (UDI), initiateur du rapport, se veut rassurant : "Il n’est nullement question de demander la fermeture [de ces maternités]." Du moins pour le moment, ajoute Libération.

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Pour pallier le manque de médecins dans la commune, Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) a trouvé une solution originale : créer une coopérative pour gérer une maison de santé, rapporte La Croix (page 15), qui souligne que "lutter contre les déserts médicaux nécessite de l’imagination".

"Nous avons réalisé en 2009 un diagnostic de l’offre de soins sur le territoire, explique le maire (PS), Olivier Klein. Il est apparu qu’avec sept médecins pour 10.000 habitants, il y avait moitié moins de prise en charge que dans le reste du département, lui-même déficitaire par rapport à l’Ile-de-France…"

La société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) Med Clichy, qui rassemble 20 professionnels de santé, trois secrétaires et trois techniciens, est gérée conjointement par les professionnels, la collectivité territoriale, les usagers et certaines institutions sanitaires. "Chacun des médecins paye une redevance mensuelle de location à la SCIC. Ensuite, ils bénéficient des services communs de gestion ou de secrétariat, et peuvent donc davantage se concentrer sur leurs patients", explique, dans La Croix, le directeur de la SCIC, Alexandre Grenier.

De son côté, la Dre Véronique Enguehard, généraliste, se félicite du projet auquel elle participe : "Intégrer une maison de santé améliore les conditions de travail et peut aider à attirer des jeunes médecins." Cette structure "est très utile, car nous avons face à nous des patients fragiles, qui peuvent avoir des difficultés d’accès aux soins", ajoute-t-elle.

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)