Convention médicale : incitations financières contre déserts médicaux

Une aide de 50.000 euros pour aider les médecins à s'installer dans un désert médical : c'est l'une des mesures de la nouvelle convention médicale, signée le 25 août 2016. Elle est illustrée ce matin par La Croix à travers l'expérience du village de Mareuil-sur-Belle (Dordogne), 1.100 habitants, un seul médecin répondant à l'appel, contre cinq il y a six ans.

Une "catastrophe" dans un bassin de vie de 5.000 habitants, déplore son maire Alain Ouiste. Son espoir : cette mesure conventionnelle qui mise sur l'incitation financière pour attirer les praticiens dans les zones sous-dotées.

Ces dix dernières années, relève Pierre Bienvault dans La Croix, l'assurance maladie a déjà "expérimenté divers dispositifs mêlant des aides à l'investissement et des majorations d'honoraires". Sans compter les "incitations instaurées par le gouvernement ou les collectivités locales.

"Mais, globalement, on peut dire qu'il s'agit de mesures assez coûteuses et peu efficaces, qui profitent aux médecins déjà installés", commente Guillaume Chevillard, chargé de recherche à l'Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes).

En 2005, rappelle à ce titre La Croix, "l'assurance maladie avait instauré une majoration des honoraires de 20% pour les médecins exerçant en groupe dans les zones déficitaires". Une disposition que la Cour des comptes avait jugée dispendieuse : "20 millions d'euros en 2010, pour seulement 50 professionnels installés en quatre ans".

Cette fois, relève le quotidien, "la Sécu a changé de logique". Les aides, fortes et rapides, sont concentrées au début de l'installation, au moment où l'effort est le plus important.

Ce dispositif peut avoir un intérêt, reconnaît Céline, jeune médecin installée en 2011 dans l'Est : bien qu'arrivant dans un village qui n'avait plus de médecin depuis six mois, elle se souvient avoir eu du mal à se faire connaître et à se constituer une patientèle stable.

La Croix ajoute que, dans le même esprit, le ministère de la Santé a mis en place, en 2014, des contrats visant à "sécuriser les premiers mois d'une installation dans un désert médical". Concrètement, pendant deux ans, si le nombre de consultations est insuffisant, le médecin bénéficie d'un complément de revenus lui assurant une rémunération d.au moins 6.900 euros bruts par mois.

L'incitation financière à l'installation sera-t-elle la recette miracle pour en finir avec les déserts médicaux ? Ces dispositifs "peuvent convaincre des confrères qui hésitent à s'installer dans tel ou tel endroit", admet Emilie Frelat. Toutefois, insiste la présidente du syndicat des jeunes médecins généralistes, "cela ne poussera jamais un médecin à aller dans un endroit où il n'a pas envie de vivre".

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Sabine Dreyfus

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