Convention médicale : fortes tensions entre les médecins et la Sécu

Le dernier round de négociation sur la convention médicale débute aujourd'hui "dans un climat très tendu", constatent Les Echos. Trois jours, c'est le délai fixé par le directeur général de la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam), Nicolas Revel, pour parvenir à un projet de convention avec les syndicats de médecins.

La réponse positive de l'assurance maladie à la revendication d'un relèvement du tarif de la consultation des généralistes de 23 à 25 euros n'a pas suffi à calmer le jeu. Le calendrier (1 euro le 1er avril 2017 et 1 euro en 2018) a concentré les critiques. La dernière réunion, le 13 juillet, a été boudée par la Confédération des syndicats médicaux française (CSMF) et par le Bloc (chirurgiens), tandis que le Syndicat des médecins libéraux (SML) a quitté la salle. Tout le monde devrait se retrouver autour de la table, ce mardi. "Mais le fait d'être au complet n'augure pas forcément d'un accord", estiment Les Echos.

La Cnam est notamment attendue par les médecins sur le montant du "forfait structure" destiné à financer l'équipement et l'organisation des cabinets. L'assurance maladie a fait plusieurs concessions lors de la réunion du 13 juillet. Ainsi, il y aura deux étapes pour parvenir au tarif de 25 euros, mais "on peut réfléchir à une durée plus courte" qu'un an entre les deux hausses tarifaires, avance Nicolas Revel. Il a aussi annoncé plusieurs mesures en faveur des spécialistes, notamment la hausse de certaines majorations.

La consultation des généralistes à 25 euros coûtera 445 millions d'euros en année pleine au budget de la Sécu ! Sur un total de dépenses supplémentaires d'environ 900 millions d'euros. "Nicolas Revel va faire de nouveaux gestes, mais il a prévenu qu'il faudra respecter le cadre de l'objectif national des dépenses d'assurance maladie (Ondam), ce qui implique un étalement des mesures sur au moins deux ans", notent Les Echos.

"Les syndicats de médecins espèrent un léger desserrement de cette contrainte budgétaire. Mais un clash n'est pas exclu", estime le quotidien économique. Dans ce cas, il n'y aura pas de convention médicale, mais un règlement arbitral que le président du Haut Conseil à la famille, Bertrand Fragonard, sera chargé d'élaborer fin août.

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John Sutton

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