Convaincre les jeunes de refuser « la première cigarette »

La Fédération française de cardiologie (FFC), partenaire de la Mutualité française, lance le mardi 2 septembre 2008 une campagne à destination des jeunes. Son slogan : "Jamais la première cigarette". A cette occasion, son président, le Pr Jacques Beaune, explique ses priorités en matière de prévention. Pour lui, "il y a urgence à agir car cette population fume plus qu’avant, en particulier les filles".

Vous lancez le 2 septembre 2008 une nouvelle campagne de prévention contre le tabac à destination des jeunes. Pour quelles raisons ?

Pr Jacques Beaune – Il est nécessaire d’alerter les jeunes sur les méfaits du tabac, qui constitue pour eux le facteur majeur de risque de maladies cardio-vasculaires. La campagne lancée aujourd’hui s’intitule : "Jamais la première cigarette". Un concours d’affiche sera réalisé par des élèves de CM1 et CM2 sur le thème "Coeur et tabac". Les collégiens seront invités, quant à eux, à participer à un concours de "story-board", qui est une sorte de bande dessinée mettant en scène le refus de la cigarette. Il y a urgence à agir car cette population fume plus qu’avant, en particulier les filles. Sachez que l’âge moyen de la première cigarette est à 11 ans !

Une nouvelle vague de la campagne "arrêt cardiaque : 1 vie = 3 gestes" va également être organisée en septembre. En quoi consiste-t-elle ?

Pr Jacques Beaune – Je vous rappelle qu’avec 150.000 décès par an, les maladies cardio-vasculaires représentent la deuxième cause de mortalité en France juste après le cancer. Pour combattre ce fléau, nous voulons inciter le grand public à se former aux gestes de premiers secours en cas d’arrêt cardiaque : appeler le "15", pratiquer le massage cardiaque et utiliser un défibrillateur. Cette action est conduite en partenariat avec le Samu et la Croix-Rouge française.

Nous sensibilisons aussi les maires pour qu’ils relaient cette opération dans leurs communes et s’équipent de défibrillateurs. Il faudrait, en effet, généraliser ces dispositifs dans les lieux publics comme les gares, les entreprises ou les pharmacies. L’objectif est d’augmenter le taux de survie après un arrêt cardiaque pour atteindre 4% ou 5%, voire, à terme, 10%. Actuellement, il n’est malheureusement que de 3% !

La sédentarité n’est-elle pas aussi en cause dans la survenue de ces pathologies ?

Pr Jacques Beaune – Tout à fait. C’est pourquoi, il faut promouvoir l’exercice auprès des jeunes. Chez eux, le manque d’activités s’explique en particulier par les nouveaux modes de vie comme, par exemple, le temps passé devant l’ordinateur ou les jeux vidéo. Or, cette évolution qui va de pair avec la "malbouffe" est néfaste pour le coeur et les vaisseaux. Sans modification des comportements, nous risquons de connaître en France, d’ici dix ou vingt ans, des taux de personnes obèses comparables à ceux des Etats-Unis.

Nous organisons chaque année des "Parcours du coeur". Ces manifestations sportives ont pour but de sensibiliser les familles aux bienfaits de l’activité physique. Le principal conseil est de marcher, courir ou de faire du vélo, trois fois par semaine. Les personnes âgées et les personnes en situation de handicap peuvent, pour leur part, mener des activités adaptées.

Propos recueillis par Christophe de La Mure

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)