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Contre les déserts médicaux, l’hélicoptère

Marisol Touraine, la ministre de la Santé présente aujourd'hui un premier bilan des mesures en­gagées par le gouvernement pour lutter contre les déserts médicaux, regroupées sous l'appellation de "pacte territoire santé". Parmi les 12 engagements de ce pacte, l'un reprend la promesse de campagne du candidat François Hollande, qui souhaitait garantir à chaque Français "un accès aux urgences en moins de trente minutes", rappelle Le Figaro (page 26). "A l'heure des restrictions budgétaires et des groupements d'hôpitaux, il ne s'agit pas de rouvrir des services d'urgences plus près des populations isolées. Mais plutôt de prendre en charge plus rapidement les patients", indique ce quotidien.

Comment ? Marisol Touraine suggère de doter les centres hospitaliers d'hélicoptères du Samu, à l'image du CHU de Chalon-sur-Saône qui doit acquérir le sien aujourd'hui. D'ici à quelques jours, six hélicoptères seront commandés par les agences régionales de santé (ARS) du Centre et de Haute-Normandie, alors que Saint-Pierre de la Réunion sera prochainement équipé. Au total, 43 hélicoptères médicalisés seront ainsi disponibles en France, sachant que ces appareils représentent actuellement 35% des vols d'urgence et 65% de transferts de patients entre un petit et un grand hôpital. Il faudra donc définir une doctrine d'utilisation de ces machines qui resteront toutefois insuffisantes.

Multiplier les "médecins correspondants du Samu" pour prendre en charge rapidement les patients dans les zones sous-médicalisées fait également partie des annonces faites il y a un an par la ministre de la Santé, ajoute Le Figaro. Ce dispositif expérimenté depuis dix ans par des médecins libéraux dans une vingtaine de départements consiste à confier à des praticiens la prise en charge des urgences vitales en attendant l'arrivée de l'ambulance. "Toutefois, il manque des moyens pour le généraliser à toutes les zones sous-dotées", observe le quotidien.

Par le biais de leurs syndicats, les médecins déplorent notamment la faible rétribution qui leur est allouée pour cette charge. Selon Alain Carillon, représentant de MG France, "l'acte d'urgence est côté à 46 euros, ce qui est ridicule vu les temps de transport, les soins, puis l'attente de l'ambulance". Le médecin, complète-t-il, est de surcroît obligé d'abandonner son cabinet pour se déplacer sur une urgence, et à son retour sa salle d'attente s'est vidée.

Pour le président de l'Unof-CSMF, Luc Duquesnel, la ministre de la Santé ne pourra attirer les médecins qu'à condition de les regrouper dans des maisons de santé afin de garantir correctement le calendrier des gardes. Autres conditions : une rémunération des astreintes, et une revalorisation des actes.

Interrogée ce matin sur France Info, Marisol Touraine a justement défendu l'idée de ces rassemblements en maisons de santé car "les jeunes médecins ne veulent plus de cabinets isolés comme leurs prédécesseurs". Avec plus d'investissements et une meilleure la formation, ce troisième "levier" doit selon elle permettre aux Français de "se faire soigner non loin de chez eux et avoir des rendez-vous dans un délai raisonnable".

 

Une prothèse sensible au toucher

Grâce à la mise en place, en janvier 2013, d'une prothèse de bras gauche par une équipe européenne, un Danois amputé a pu retrouver la sensation du toucher. Celle-ci est rendue possible grâce à des capteurs qui transforment les informations émises par la préhension d'un objet en impulsions électriques puis en impulsions nerveuses. Une technique qui permet au patient d'ajuster sa force pour saisir des objets et d'identifier leur forme et leur texture.

"C'est la première fois que nous parvenons à rétablir une perception sensorielle en temps réel avec une prothèse", explique dans La Croix (page 7), Silvestro Micera, le professeur de neuro-ingénierie de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) qui a mis au point cette main bionique.

Selon ces chercheurs, cinq à quinze ans seront encore nécessaires avant qu'une telle prothèse soit commercialisée. Il faudra avant toute chose en miniaturiser les composants électroniques et mettre au point une batterie efficace, mais aussi "améliorer les capteurs sensoriels afin que le patient puisse percevoir avec finesse le mouvement de ses doigts".

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)