Contrats types de complémentaire santé : « Associer tous les acteurs concernés »

Le projet d'Emmanuel Macron de mettre en place trois contrats types de complémentaire santé donne lieu à diverses hypothèses. Dans l'attente de précisions sur le contenu de ces offres, le président de la Mutualité Française, Thierry Beaudet, se dit "prêt à travailler sur ce chantier avec le nouveau gouvernement".

La proposition de campagne d'Emmanuel Macron d'instaurer trois contrats types de complémentaire santé soulève bien des interrogations dans le secteur assurantiel, relève ce matin Le Figaro.

Pour le quotidien, ce projet reste "encore flou", même si les intentions sont claires : "Favoriser la concurrence et permettre aux Français de comparer les offres."

Dans la pratique, les mutuelles, institutions de prévoyance et assureurs devraient proposer, en plus de leurs contrats habituels, trois offres types : un contrat "moyen", un autre "renforcé" et enfin un dernier "qui couvre tout".

Ce qui laisse place à diverses suppositions sur la nature de ce dispositif. Certains le devinent voisin des contrats seniors, d'autres des contrats d'aide à l'acquisition d'une complémentaire santé (ACS) et de leurs trois niveaux de garanties.

Dans un entretien au Figaro, le président de la Mutualité Française, Thierry Beaudet, estime qu'"à ce stade, il est difficile de se prononcer car on ne connaît pas le contenu de ces contrats", mais que les mutuelles sont prêtes "à travailler sur ce chantier avec le prochain gouvernement, car nous partageons les objectifs sous-tendus par cette proposition, à savoir rendre les contrats plus lisibles et faire baisser le reste à charge des patients".

Il exprime toutefois un souhait sur la méthode : l'enjeu, assure-t-il, "sera d'associer tous les acteurs concernés, non seulement les complémentaires, mais aussi l'assurance maladie, les patients et les professionnels de santé". Pas question, en effet, que ce travail soit "opéré en chambre par des techniciens éclairés".

Car la finalité d'un tel projet est que les Français disposent d'"un panier de soins identifié, avec des repères tarifaires, pour mieux comparer les contrats les uns avec les autres", commente-il.

Pour l'heure, fait valoir Thierry Beaudet, le manque de lisibilité des tarifs est "lié à la complexité de la nomenclature des tarifs de la Sécu". "Nous ne faisons que répercuter cette complexité. Dans l'optique, par exemple, en fonction des spécificités des verres et des corrections, il y a des centaines de tarifs différents et les mutuelles ne font qu'appliquer des remboursements sur une nomenclature elle-même complexe."

Interrogé sur la volonté d'Emmanuel Macron de supprimer le reste à charge des ménages en optique, dentaire et audioprothèses, soit 4,4 milliards d'euros, Thierry Beaudet prévient : d'abord, "il faudra définir précisément le panier de soins sur lequel on veut arriver à un reste à charge zéro". Ensuite, "si on veut que ce soit indolore pour les Français, il faudra aussi agir sur les prix des équipements. En clair, sur l'audioprothèse et sur l'optique, où les prix sont libres, il va falloir trouver une manière de réguler l'offre et les prix. Car si on agit sur les remboursements sans agir sur les prix, on risque de créer un effet inflationniste contraire à l'objectif initial".

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Frédéric Lavignette

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