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Contraception : la pilule en désamour

Le baromètre santé de l'agence Santé publique France fait état d'une désaffection envers la pilule contraceptive. Discréditée par une crise sanitaire en 2012, cette méthode cède du terrain au profit du dispositif intra-utérin et du préservatif.

"Un demi-siècle après sa légalisation entérinée par la loi Neuwirth, la pilule contraceptive semble aujourd'hui souffrir d'un léger désintérêt de la part des Françaises." C'est le constat dressé en ce 26 septembre 2017, Journée mondiale de la contraception, par Le Figaro, et par un grand nombre de quotidiens nationaux, sur la base des dernières données du baromètre santé de Santé publique France.

En matière de contraception, "le modèle français, longtemps resté figé – le préservatif pour les premiers rapports, la pilule une fois en couple, le stérilet quand les enfants sont nés –, commence à craquer", relève Le Monde, qui précise : "Alors que 40,8% des femmes prenaient la pilule (lorsqu'elle est associée au préservatif, ce chiffre monte à 45%) en 2010, elles ne sont qu'un peu plus d'un tiers (33,2% ; 36,5% avec le préservatif) en 2016."

"Depuis 2012, on sent qu'il y a une certaine angoisse autour de la pilule", confirme le Dr Teddy Linet, chef du service de gynécologie obstétrique au Centre hospitalier Loire-Vendée-Océan dans les colonnes du Figaro.

2012, l'année de la crise des pilules de troisième et quatrième générations, soudainement suspectées d'augmenter "les risques de thrombose veineuse (phlébite et embolie pulmonaire) et artérielle (AVC et infarctus du myocarde)", se souvient Libération, qui rappelle à quel point cette crise sanitaire a jeté le discrédit sur l'ensemble des contraceptifs oraux.

De fait, le quotidien, qui consacre sa "une" et un dossier de quatre pages au sujet, s'interroge, sous la forme de "cinq questions qui font tanguer le comprimé", sur les effets secondaires de ce moyen de contraception, depuis les migraines, sautes d'humeur, nausées, baisse de libido, douleurs abdominales et mammaires, prise de poids, acné jusqu'à des risques d'événements thromboemboliques veineux ou un sur-risque de cancer du sein. Autant d'effets indésirables "longtemps tus ou minorés au nom de la liberté sexuelle", qui ne sont désormais "plus endurés par les femmes sans discuter".

Alors que "les anti-pilules pullulent", sur quels moyens de contraception les Français se reportent-il ? Même si la pilule reste le moyen le plus utilisé, le report se fait au profit de différentes méthodes, énumère Libération, notamment "le dispositif intra-utérin (DIU) dont l'utilisation a fortement augmenté entre 2010 et 2013 (+3,6 points), et l'implant qui a fortement progressé entre 2013 et 2016 (+5,5 points)". Tendance discrète mais significative, ajoute Le Parisien : l'usage du préservatif chez les couples installés progresse de 10 à 14% en six ans chez les 30-44 ans.

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Sabine Dreyfus

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)