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Contraception : le mouvement « no-pilule » fait des petits

De plus en plus de jeunes femmes revendiquent leur choix de ne pas prendre la pilule contraceptive. Une tendance qui s'inscrit dans un mouvement global, visant à rompre avec l'industrie pharmaceutique.

A son tour, la pilule contraceptive suscite une défiance croissante. Au même titre que les vaccins, elle est aussi victime de disgrâce, suite à de récentes crises sanitaires médiatisées. En 2012, rappelle par exemple Libération, 130 femmes avaient porté plainte pour "atteinte involontaire à l'intégrité de la personne" après que certaines pilules contraceptives dites de troisième ou quatrième génération avaient été accusées de favoriser des pathologies veineuses et artérielles.

Alors que le corps médical les désignait comme mieux dosées ou tolérées, ces pilules ont été accusées par leurs utilisatrices de provoquer des phlébites ou des embolies pulmonaires. D'où une enquête longue et une conclusion du parquet ne permettant "pas d’établir avec certitude l’existence d’un lien de causalité entre la prise du contraceptif et les pathologies présentées par les plaignantes". Il n'empêche, annonce le quotidien, trois d'entre elles s'apprêtent à déposer une plainte avec constitution de partie civile visant des laboratoires et l’Agence nationale du médicament et des produits de santé (ANSM).

Quoi qu'il en soit, rapporte Le Monde, plusieurs enquêtes, notamment Fecond de 2010 et 2013, confirment une désaffection croissante vis-à-vis de ce mode de contraception. Sur cette période en effet, "le recours à la pilule était passé de 50% à 41% chez les femmes entre 15 et 49 ans."

Et le prochain baromètre de Santé publique France consacré à la contraception devrait confirmer cette baisse. Et cela, même si les médecins tentent de rassurer leurs patientes en soulignant que les complications sont rares.

D'après le quotidien, les affaires de 2012 ne sont pas seules responsables de ce "désamour", particulièrement notable au sein de la nouvelle génération de femmes. Ce mouvement "no pilule" se nourrit en effet d'une tendance globale de notre époque : celle du retour à la nature, que vantent les magasins bio, et de la méfiance à l'égard du tout chimique.

A "l’ère de la bio-détox-sans gluten", note Le Monde, "prendre un traitement pendant des années quand on est en bonne santé apparaît comme un non-sens. L'envie de retrouver des cycles naturels participe du même mouvement".

Au-delà du corps médical, cette attitude inquiète aussi les femmes qui se sont battues pour une contraception qui les a libérées, notamment sur le plan professionnel, souligne le quotidien. La jeune génération n'a toutefois pas l'intention de "balayer ces acquis : "Les enfants, c'est toujours quand je veux, avec qui je veux." Mais avec un moyen de contraception beaucoup moins rentable pour l'industrie pharmaceutique : le stérilet.

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