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Contraception : des lacunes et des idées reçues

L’Institut national de prévention et d'éducation pour la Santé (Inpes) a présenté le 5 juin une enquête sur les connaissances des Français en matière de contraception. S’ils citent beaucoup de méthodes contraceptives, de nombreuses lacunes et d’idées reçues subsistent quant à leur utilisation.

En France, 95% des utilisateurs d'un moyen de contraception se déclarent "satisfaits", voire même "très satisfaits" pour 79% d'entre eux. Ces résultats sont issus d'une enquête de l'Institut national de prévention et d'éducation pour la Santé (Inpes) intitulée "Contraception : que savent les Français ?"

Rendue publique le 5 juin 2007, elle a été réalisée du 27 janvier au 7 février auprès d'un échantillon représentatif des 15-75 ans. Cette étude vient compléter le Baromètre santé 2005 qui montre que les "trois-quarts des personnes âgées de 15 à 54 ans, sexuellement actives, utilisaient un moyen de contraception".

Cette enquête relève que les méthodes contraceptives médicales sont les plus répandues, avec, depuis quarante ans, une forte augmentation de l'utilisation de la pilule à tous les âges. Elle est choisie par près des deux tiers des femmes, mais c'est chez les jeunes que son usage est le plus important, avec près de 88% chez les 20-24 ans en 2005. Son recours diminue à partir de 35 ans au profit du stérilet qui arrive en deuxième position et concerne 24,2% des Françaises.

Les méthodes contraceptives non médicales font moins l'unanimité. Elles sont davantage utilisées par les femmes qui "vivent seules, sans enfant ou qui ont plusieurs partenaires dans l'année", précise l'Inpes. Le préservatif est le moyen le plus répandu (80%), contrairement aux méthodes naturelles (abstinence ou retrait) qui "ne sont pratiquées que par 2,8% des femmes".

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Les personnes interrogées sont nombreuses "à connaître une diversité de méthodes contraceptives". "Sans surprise, la pilule et le préservatif masculin sont connus par plus de 97% des Français, et le stérilet par 93%", indique l'Inpes. Le préservatif féminin et le diaphragme sont cités par trois-quarts des personnes. Enfin, les autres modes de contraception sont évoqués par "environ un Français sur deux" : spermicide (52%), patch (48%), implant (44%) et anneau vaginal (44%).

Malgré ces connaissances, de "nombreuses lacunes" persistent sur leur utilisation ainsi que sur le cycle menstruel de la femme. Ainsi, un Français sur deux ne connaît pas les durées d'effet du patch (une semaine), ni de l'anneau vaginal (un mois) ou de l'implant (trois ans). Des ignorances plus flagrantes ainsi que des "idées reçues largement répandues" sont citées par l'Inpes. Par exemple, "53% des Français croient qu'une femme ne peut pas tomber enceinte si un rapport sexuel a lieu pendant ses règles et 64% qu'il existe des jours sans aucun risque de grossesse simplement identifiables en surveillant son cycle".

Certains pensent que la pilule "peut rendre stérile" (22%) et "fait systématiquement grossir" (24%). La moitié des personnes interrogées pensent que le stérilet ne peut pas être utilisé par une femme qui n'a pas eu d'enfant. Plus grave : "Un jeune sur dix âgé de 15 à 20 ans n'a pas conscience que la pilule ne protège pas du VIH et des infections sexuellement transmissibles." Fort heureusement, "environ 85% des jeunes ayant eu leur premier rapport entre 2000 et 2005 ont utilisé un préservatif".
Enfin, plus du tiers des personnes qui connaissent la contraception d'urgence, dite pilule du lendemain, estiment qu'elle "ne concerne que les jeunes femmes de moins de 25 ans". Seules 5 % "savent qu'il est possible de l'utiliser jusqu'à 72 heures après un rapport non protégé". Beaucoup ignorent qu'il est inutile d'avoir une ordonnance pour en bénéficier.