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Constats sur les inégalités territoriales de santé

Au fil des années, les délais moyens pour obtenir un rendez-vous chez un médecin s'allongent. Particulièrement dans certaines régions. Faute de praticiens disponibles, près de 22% de nos concitoyens rencontrent des difficultés pour se faire soigner. Ce qui fait que la France n'est pas forcément enviée par ses voisins européens.

Obtenir un rendez-vous médical dans un délai raisonnable n'est pas possible dans toutes les régions de France. Par exemple, à moins d'une urgence, la Bretagne, le Centre-Val de Loire, la Normandie et les Pays de la Loire sont des zones à déconseiller. En effet, ces régions représentent à elles seules près d'un quart (22%) de la population adulte où l'accès aux soins est freiné.

Certes, l'insuffisance du nombre de médecins dans ces endroits n'est pas le seul obstacle à la prise d'un rendez-vous. L'appartenance sociale du patient est aussi un déterminant. A la différence des ouvriers, les cadres obtiennent, par exemple, plus facilement un rendez-vous. Comme s'ils disposaient d'une "bonne appropriation des stratégies à mettre en œuvre pour accéder aux soins". C'est en tout cas ce que met en évidence une enquête publiée mardi 11 juin 2019 par la société de conseil et de technologies en santé Medicine4i, enquête dont rend compte Le Monde.

Si l'on s'en tient seulement à l'inégalité géographique, il apparaît que "le Grand-Ouest se désertifie progressivement en termes d'accès à la médecine spécialisée, et la Bretagne est une région particulièrement sinistrée", souligne Mathias Matallah, président de Medicine4i. C'est le cas également d'une partie du Nord-Est de la France où "la situation n'est guère meilleure", renchérit-il, car plus d'un Français sur trois sont concernés par des délais d'attente supérieurs à la moyenne nationale. Il faut dire qu'au niveau global du pays, la moyenne d'obtention d'un rendez-vous ne cesse de s'allonger depuis 2012, rapporte le site de francetv.info.

Avant de consulter un généraliste, il faut en effet patienter 8,4 jours. C'est en Pays de la Loire que l'attente est la plus longue (12,6 jours en moyenne) et en Normandie qu'elle est la plus brève (6 jours). Côté spécialistes, un ophtalmologiste se fera attendre 124 jours, soit 2,5 fois plus de temps qu'à Paris ou dans les Hauts-de-Seine, où un rendez-vous est fixé en 46 jours de moyenne. Même tendance pour les gynécologues (73 jours dans le Grand-Ouest, contre 33 jours à Paris et dans les Hauts-de-Seine). D'après l'étude Medicine4i, cette situation expliquerait les raisons pour lesquelles une femme sur trois n'a pas consulté ces derniers spécialistes au cours des trois dernières années.
Si depuis sept ans les délais se prolongent également pour obtenir un rendez-vous chez un cardiologue (38 jours en 2012 contre 61 jours actuellement) et chez un ORL (33 jours en 2012 contre 47,5 aujourd'hui), la tendance semble se réduire pour les ophtalmologistes. En 2012, il fallait 104 jours d'attente avant de faire contrôler sa vue, 117 jours en 2017 et 101 jours en 2019.

Ce qui demeure tout de même long. Aussi, certains patients ont-ils trouvé des alternatives à leur situation, explique par ailleurs Le Monde. Le quotidien, qui avait lancé en janvier dernier un appel à témoignages, en restitue certains aujourd'hui. A l'image de ce directeur commercial, ancien résident parisien, qui s'est installé il y a sept ans en Indre-et-Loire avec sa famille. A Paris, ce myope et astigmate parvenait à obtenir un rendez-vous chez l'ophtalmologiste en trois semaines. Désormais, dans son nouveau département, il lui est impossible de consulter. Il s'entend répondre au téléphone : "On ne prend pas de nouveaux patients." Ou alors : "C'est une urgence ? Pour un contrôle, ce n'est pas possible." Aussi, toute sa famille a-t-elle fait le choix de consulter à Cholet, commune du Maine-et-Loire distante de 130 kilomètres de son domicile. Mais il lui faut tout de même réserver en mars ou avril sa visite du mois d'août…

Vu ce genre de difficultés, une autre patiente de 63 ans avoue de son côté ne plus aller chez l'ophtalmologiste depuis 2013. "Je vais chez l'opticien qui évalue ma correction et je fais l'ordonnance de lunettes chez le médecin", confie-t-elle au Monde. Quant à son conjoint, il s'est rabattu sur des lunettes-loupes achetées dans le commerce. Ou pour conduire, il lui emprunte parfois ses montures…

La France n'est pas le seul des pays européens à être confrontés à ce genre de difficultés géographiques en matière d'accès aux soins. Selon le Panorama 2018 sur la santé ("Health at a Glance : Europe 2018") réalisé par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le nombre de médecins par Français n'a pas évolué depuis l'an 2000. En 2016, on en comptait 3,1 pour 1.000 habitants. La Pologne et la République slovaque sont les pays où ces ratios n'ont pas non plus augmenté.
Si l'on considère la moyenne de tous les pays de l'Union européenne (UE), on dénombre 2,9 praticiens pour 1.000 habitants en 2000. Seize ans plus tard, on en comptait 3,6 pour 1.000. Et encore, cet élan a-t-il été ralenti par la crise économique, fait valoir le document.

En tête du classement des pays les plus dotés en médecins figure la Grèce : 6,6, médecins pour 1.000 habitants en 2016. Un chiffre peut-être surestimé, sachant qu'il inclut tous les professionnels autorisés à pratiquer (y compris les retraités et ceux qui ont émigré).

Vient ensuite l'Autriche (5,1 médecins), puis le Portugal (4,8). A la 4e place, la Lituanie, suivie de la Suède, de l'Allemagne, de la Bulgarie ou encore l'Italie. La France est classée 21e.

Toutefois, observe le panorama, certains membres de l'UE ont su mieux que d'autres maintenir un équilibre entre le nombre de spécialistes et le nombre de médecins généralistes, lequel est en diminution partout. C'est le cas de la France, après le Portugal, mais avant la Finlande et la Belgique. Certainement l'un des effets permis par la modification du numerus clausus.

Europe : inégalités environnementales

Au moyen de 19 indicateurs, un second rapport d'évaluation de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) met en évidence l'ampleur des inégalités en matière d'environnement et de santé au sein des pays de l'Union européenne.
OMS

Quels sont les défis de la protection sociale en Europe ?

Pour répondre à cette question, BFM Business a réuni sur un même plateau Romain Guerry, directeur des Relations institutionnelles, Hugues Vidor, président de l'Union des employeurs de l'économie sociale et solidaire, Mariano Fandos, secrétaire confédérale de la CFDT ainsi qu'Isabelle Rondot, présidente de la commission influence groupe VYV.
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Pesticides : la France à la traîne

Parce qu'il s'agit d'un perturbateur endocrinien, l'insecticide chlorpyrifos a été interdit dans huit pays (Allemagne, Danemark, Finlande, Irlande, Lettonie, Lituanie, Slovénie, Suède) de l'Union européenne (UE) pour tous ses usages. Il est encore utilisé en France pour la culture de l'épinard.
Le Monde

Frédéric Lavignette

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