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Consommation de soins : importantes disparités entre les régions

Une enquête de l'assurance maladie, publiée hier, confirme d'importantes disparités entre les régions en matière de consommation de soins médicaux, rapporte La Tribune (page 4). "A structure d'âge comparable, les régions du Sud-Est et du Nord-Est de la France ont une consommation de soins par personne plus élevée que celle du Centre-Ouest (Pays de Loire et Poitou-Charentes)", souligne cette étude. La Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) précise que "la consommation de soins remboursée à une personne résidant en Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca) est de 26% plus élevée que celle remboursée à un habitant des Pays de Loire". L'amplitude des écarts entre les régions est beaucoup plus forte pour les soins de ville (40%) que pour les soins hospitaliers (20%), précise La Tribune.

Comment expliquer ces disparités géographiques ? Aucun lien évident n'a pu être établi entre le recours aux soins et l'état de santé des habitants de ces régions. Certes, le Nord-Pas-de-Calais, la Picardie et la Lorraine allient une forte mortalité et un recours élevé aux soins. Mais Paca, le Languedoc-Roussillon, l'Aquitaine ou Midi-Pyrénées sont de gros consommateurs de soins, alors que leurs indicateurs de santé sont plutôt bons. Tandis que l'Auvergne, la Basse-Normandie et le Centre cumulent un recours aux soins plus faible (– 5%) et un taux de mortalité supérieur à la moyenne nationale.

"La qualité de suivi de certaines pathologies chroniques, comme le diabète, n'est pas forcément meilleure dans les zones à forte consommation de soins", souligne l'enquête de la Cnam. Les différences régionales viendraient plutôt de l'équilibre entre l'offre médicale et la demande. "La consommation élevée de soins de ville dans le sud de la France peut être mise en parallèle avec la forte densité de médecins libéraux dans ces régions", confirme l'assurance maladie.

"Comment les médecins joueront les pompiers dans les déserts médicaux", titre Le Quotidien du médecin (page 3), sur un ton ironique. Pour lutter contre la désertification médicale apparue dans certaines régions, la loi HPST, promulguée en juin, a décidé d'instaurer en 2013 des contrats-santé solidarité. Ce dispositif prévoit de faire exercer les médecins des zones surmédicalisées dans des zones sous-médicalisées proches. S'ils refusent ces missions fixées par les Agences régionales de santé (ARS), les praticiens devront s'acquitter d'une taxe, dont le montant sera fixé en fonction du niveau de densité médicale de la zone où il exerce. "Un dispositif qui a mis la profession en émoi", observe Le Quotidien du médecin. "On les paye au lance-pierres. (...) C'est n'importe quoi, c'est d'un grotesque achevé !", s'insurge Michel Chassang, le président de la CSMF, dans ses colonnes.

A lire aussi dans la presse - Carte Vitale : la Sécu va pénaliser les médecins récalcitrants

L'assurance maladie veut pousser les médecins récalcitrants à adopter la carte Vitale, moins coûteuse, rapporte Le Figaro-économie (page 20). Sur 1,1 milliard de demandes de remboursement par an, les caisses reçoivent encore 150 millions de feuilles de soins "papier", dont 110 millions émises par les médecins. Il leur faut 10 à 25 jours pour procéder au remboursement des frais, contre seulement 7 jours avec la carte Vitale. L'informatisation permet aussi de réaliser d'importantes économies. Le traitement des feuilles de soins coûte au moins six fois plus cher que leur équivalent électronique (1,74 euro contre 0,27 euro). La disparition totale du papier entraînerait donc une économie de 200 millions d'euros par an pour la Sécu. La loi HPST prévoit l'instauration, à partir de janvier prochain, d'une pénalité appliquée aux médecins utilisant encore des feuilles de soins "papier". Le montant de cette contribution doit être négocié prochainement entre la Cnam et les syndicats de médecins libéraux.

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)