Congrès de l’Amice : quel modèle pour l’entreprise mutualiste en Europe ?

L’Association des assureurs mutuels et coopératifs en Europe (Amice) tient son 4e congrès biennal du 4 au 6 juin, à Nice. Accueillis par la Mutualité Française, le Gema et la Roam, les participants vont échanger durant ces deux jours sur les enjeux du modèle mutualiste en Europe, avec le client-adhérent comme fil conducteur.

La Mutualité Française, le Groupement des entreprises mutuelles d’assurance (Gema) et la Réunion des organismes d’assurance mutuelle (Roam) accueillent le congrès biennal de l’Association des assureurs mutuels et coopératifs en Europe (Amice) du 4 au 6 juin, à Nice. Objectif : permettre aux acteurs européens du secteur mutualiste et coopératif de "s’informer et d’échanger sur les questions stratégiques qui nous concernent en Europe, ainsi que d’accroître la visibilité de notre secteur", précise Hilde Vernaillen, présidente de l’Amice.

Pour cette 4e édition, depuis la création de l’association en 2008, le thème est "Pratiques commerciales, pratiques mutualistes". Les débats ont comme fil conducteur "L’orientation client", "notre raison d’être puisque nos clients sont aussi nos sociétaires", observe Hilde Vernaillen. Pour les quelque 200 participants – présidents, directeurs généraux des principales mutuelles et coopératives d’assurance européennes – il s’agit de s’interroger sur la pérennisation du modèle d’entreprise mutualiste en France et en Europe, face à des enjeux comme l’évolution de la réglementation, le retrait de la Sécurité sociale, le rôle croissant du secteur privé, le vieillissement de la population ou encore l’essor et l’impact du numérique.

Le modèle mutualiste, avenir de la libre entreprise ?

Le congrès va proposer quatre sessions de travail. Elles doivent permettre de confronter systématiquement une approche théorique, formulée par un "expert", et des réponses concrètes, délivrées par des professionnels de terrain venus de toute l’Europe. La première session doit être consacrée à l’intensification de la législation européenne comme réponse à la crise financière, et son intérêt pour le client-sociétaire.

La deuxième session, présidée par Christophe Ollivier, responsable du pôle Accompagnement des entreprises mutualistes à la Mutualité Française, doit porter sur la plus-value actuelle et potentielle des mutuelles dans divers secteurs de la protection sociale. Dans la troisième, le modèle mutualiste doit être envisagé comme nouveau modèle d’entreprise et incarnation d’une nouvelle ère économique et sociale en Europe. Enfin, la dernière session doit concerner l’utilisation des données clients par les assureurs mutuels et coopératifs pour l’élaboration de propositions sur mesure.

Ces débats vont constituer autant d’occasions pour les acteurs du secteur mutualiste et coopératif de plaider la cause d’une réglementation européenne juste et appropriée, et de promouvoir un modèle mutualiste porteur de plus-value sociale et avenir de la libre entreprise.

Les mutuelles et l’Amice

L’Union européenne compte plus de 3.000 assureurs regroupés dans le secteur mutualiste et coopératif. Avec une part de marché de 30% dans le domaine de l’assurance, ils couvrent plus de 200 millions de clients et emploient près de 300.000 salariés. Avec 110 membres directs, dont 21 en France, et 1.000 mutuelles représentées à travers leurs associations nationales, l’Amice s’est imposée comme le porte-parole européen d’une grande partie du secteur de l’assurance.
Sophie Lecerf

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)