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Complémentaires pour tous : « Remettre à plat l’ensemble des aides »

D'ici à la fin de l'année, les complémentaires santé devraient être fortement sollicitées. Si ce n'est déjà fait, les entreprises ne disposant pas de couverture complémentaire pour leurs salariés vont en effet devoir en trouver une d'ici au 1er janvier 2016, pour se conformer à la nouvelle obligation qui leur est faite depuis l'accord national interprofessionnel (Ani) de janvier 2013.

Afin de choisir un organisme, les employeurs peuvent suivre les recommandations de leur branche. Mais ce n'est en rien obligatoire, rappelle Le Parisien/Au­jourd'hui Economie dans un dossier de 8 pages consacré à la généralisation de la complémentaire santé en entreprise.

Pour les salariés, dont la plupart travaillent dans de petites entreprises, "c'est évidemment une bonne chose", estime dans un entretien (page 9), Etienne Caniard, le président de la Mutualité Française. Près de 3,6 millions d'entre eux passeront ainsi d'un contrat individuel à un contrat collectif, tandis que d'autres (400.000 personnes environ) accèderont à une mutuelle.

Selon Le Parisien/Aujourd'hui, les dirigeants de très petites entreprises (TPE) se déclarent être prêts à payer 48 euros par mois et par salarié pour une complémentaire santé, et ils sont 49% à estimer que "la prise en charge des frais de soins des salariés est une préoccupation majeure ou importante".

Positive pour les intéressés, cette ré­forme ne constitue toutefois pas une réelle généralisation, dans la mesure où elle ne vise que les salariés, nuance Etienne Caniard, jugeant "prioritaire", dans ce "paysage très contrasté" de "s'intéresser aux 3 millions de Français qui n'ont pas de complémentaire santé", des Français en dehors du monde du travail, tels que "les jeunes en difficulté d'insertion professionnelle, les chômeurs de très longue durée et les retraités.

Depuis des décennies, développe le président de la FNMF, "on a concentré les aides vers les complémentaires dans le seul monde du travail tout en multipliant les filets de sécurité comme la CMU ou l'aide à l'acquisition d'une complémentaire santé", laissant s'installer "un cercle vicieux parfait" avec "des régimes complémentaires de plus en plus taxés – pour financer ces filets de sécurité – et donc de plus en plus chers et de plus en plus inaccessibles".

Aujourd'hui, ce système "est à bout de souffle", et il est urgent de "revoir l'ensemble du modèle économique des complémentaires", avec "une remise à plat de l'ensemble des aides et des prélèvements sur les contrats santé", ré­clame le président de la Mutualité Française, appelant de ses vœux "une régulation plus importante pour assurer une solidarité intergénérationnelle et un égal accès à la complémentaire pour tous".

En dépit de la pression fiscale sans précédent qui touche leur secteur, les mutuelles se sont activement préparées à la généralisation de la complémentaire. Pour Etienne Caniard, elles sont "tout à fait légitimes pour proposer des contrats collectifs" puisqu'elles sont "déjà leaders sur ce marché avec 36,2% de part de marché contre 35,8% un an plus tôt". Elles proposent en outre "une palette de services beaucoup plus large qu'on ne l'imagine, et adaptés aux différentes branches".

A lire aussi – Tiers payant : Touraine ne fléchit pas

"Ni la révolution, ni un raz de marée, mais une belle et grosse manifestation d'hiver à quelques jours du printemps" : c'est ainsi que Libération (page 12) définit ce matin le rassemblement des professionnels de santé, qui a réuni hier entre 19.000 et 50.000 personnes entre Denfert-Rochereau et le ministère de la Santé, à Paris.

Médecins généralistes, infirmiers, pneumologues, kinésithérapeutes, anesthésistes, dentistes, sexologues, biologistes, gérants de cliniques privées ou encore internes étaient réunis pour marquer "leur refus du projet de loi santé présenté par la ministre Marisol Touraine", écrit La Croix (page 8). Point principal de leur crispation, la mesure phare du texte : la généralisation du tiers payant.
"La plupart des syndicats appellent à une réécriture de la loi de santé, écrivait (page 8) Le Parisien/Aujourd'hui de dimanche.

Quelques-uns, comme l'Union française pour une médecine libre (UFML), demandent même son retrait." Même si elle continue d'être ferme et de défendre son projet de loi, la ministre de la Santé a tout de même reçu certains représentants à l'issue du défilé. "Car, bizarrement, en ces temps de tension, la ministre et les syndicats se parlent quotidiennement", note Libération (page 12).

La ministre leur a notamment confirmé qu'il y aurait une montée en puissance progressive du tiers payant, indique Le Parisien/Aujourd'hui de ce jour, et que "des amendements ont été déposés à l'Assemblée pour répondre aux préoccupations des médecins. Elle a aussi confirmé que des garanties de paiement et l'instauration de pénalités de retard seraient introduites à propos du tiers payant". Le texte sera examiné mardi par la commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale.

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)