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Comment les labos dopent l’automédication

Les laboratoires pharmaceutiques "misent sur la multiplication des dénominations pour doper l'automédication, au risque de tromper le consommateur", dénonce Le Monde (page 2). Pour contourner la loi sur l'interdiction de la publicité pour les médicaments remboursés, Sanofi a trouvé une astuce pour lancer en octobre sa nouvelle gamme d'antalgiques en accolant au Doliprane® des suffixes tels que "tabs", "caps", "orodoz" ou "liquiz". Les autres laboratoires se sont également engouffrés dans la brèche pour exploiter leurs médicaments les plus célèbres, en développant des gammes de plus en plus étendues. Ainsi Urgo (avec Humex®) et Johnson&Johnson (avec Actifed®) se disputent le marché très lucratif du rhume.

Le développement de ces marques "ombrelles" va de pair avec celui de la publicité à grand renfort sur des sites Internet et à la télévision, constate le quotidien. Afin d'éviter les dérapages, les campagnes font l'objet d'un contrôle par l'Agence de sécurité du médicament (ANSM), qui se traduit par l'attribution d'un visa valable deux ans. "Les industriels flirtent cependant souvent avec la ligne jaune", estime Le Monde, qui cite l'exemple de la campagne d'affichage, dans le métro parisien, vantant l'Efferalgan® goût "capuccino" ou "vanille-fraise", mettant en scène un enfant. A la suite du tollé qu'elles ont suscité, ces affiches ont été retirées.

Le risque de surdosage et d'effet cocktail préoccupe les pouvoirs publics. Des molécules différentes étant commercialisées sous la même marque, il est plus difficile pour le patient de s'y retrouver. L'ANSM ne dispose pas de données de pharmacovigilance spécifiques pour les marques "ombrelles" et les pharmaciens s'en inquiètent. "Il faudrait un pictogramme sur l'emballage pour que le patient repère immédiatement les principes actifs notoires", suggère, dans Le Monde, François-Loïc Pichard, pharmacien à Angers (Maine-et-Loire).

Certains officinaux voient dans les marques "ombrelles" un cheval de Troie permettant aux laboratoires pharmaceutiques d’investir les grandes surfaces. Le marché est prometteur : la dépense moyenne par habitant pour les médicaments sans ordonnance est de 32,10 euros par habitant en France, contre 42,20 euros en Europe.

A lire aussi - Médicament : un nouvel accord sur les prix

Les entreprises du médicament et le Comité économique des produits de santé (CEPS), chargé de fixer les prix des médicaments, ont signé lundi un nouvel accord pour trois ans, qui "définit les modalités de négociations des prix des médicaments remboursables par la Sécurité sociale avec chaque entreprise". Il permet au gouvernement de réguler les dépenses de santé dans un contexte budgétaire contraint, tout en renforçant "les instances de concertation" entre les deux parties.

Pour Patrick Errard, le président du LEEM (Les entreprises du médicament), cet accord ouvre une nouvelle ère dans les relations entre l’industrie pharmaceutique et les pouvoirs publics pour la fixation du prix des médicaments. Désormais, les nouveaux médicaments et les biosimilaires vont pouvoir bénéficier d'une procédure de fixation des prix accélérée, annoncent Les Echos (page 20). Le CEPS s'engage à proposer à l'entreprise un projet de convention valable cinq ans, dans les 75 jours suivant l'avis de la commission de la transparence (qui établit le degré d’innovation du produit), afin que le délai de 180 jours entre l'obtention de l'autorisation de mise sur le marché (AMM) européenne et la communication du prix soit respecté. Pour fixer les prix, il sera tenu compte des données médico-économiques relatives au produit, mais aussi des investissements en recherche et développement des entreprises en Europe. Ce qui n'était pas le cas auparavant, souligne le quotidien économique.

Désormais, les industriels seront mieux placés pour négocier leurs prix s'ils décident de produire en Europe. Si le médicament est accompagné d'un dispositif médical ou d'un test de diagnostic, il sera également tenu compte des économies potentielles qu'il génère. Enfin, les médicaments remboursés qui n'apportent pas d'amélioration du service médical rendu, mais qui permettent de réaliser des économies parce qu'ils sont moins chers que les produits similaires existants, vont bénéficier, à titre expérimental, d'un accès simplifié au marché. Une convention leur sera proposée dans les quinze jours suivant l'avis de la commission de la transparence.

En bref

Social

  • "Les départements refusent d’assumer une nouvelle hausse des aides sociales." La Seine-Saint-Denis ne budgétisera pas l’explosion du RSA. L’Essonne doit étaler sur six ans un trou de 106 millions d’euros. Les élus demandent au gouvernement d’accélérer la négociation sur la nationalisation du RSA. Les Echos page 3.
  • "Revenu universel, une bonne idée ?" A droite comme à gauche, les propositions se multiplient pour étudier la mise en place d’un revenu universel permettant d’éradiquer la pauvreté. La Croix pages 1 à 3.
  • "Fonctionnaires : probable coup de pouce salarial." La ministre de la Fonction publique, Marylise Lebranchu, évoque la "possibilité" d’une hausse du point d’indice. Les Echos page 4.
  • "L’Etat pris au piège du Droit au logement opposable." Plus de 86.000 ménages ont tenté de bénéficier de la loi de 2014.

Santé

  • "Seuil épidémique de gastro-entérite en France." Avec 232 cas pour 100.000 habitants, pour la semaine du 4 au 10 janvier, le seuil épidémique a été franchi dans l’Hexagone, selon le réseau Sentinelles, qui regroupe 1.400 médecins. Le Figaro page 11.

Economie

  • "La fin des 35 heures doperait l’économie." Le passage de la durée légale du travail de 35 heures à 37 heures, sans compensation salariale, équivaudrait à une baisse du coût du travail de l’ordre de 3%, selon un rapport de la commission des Finances du Sénat, présidée par Albéric de Montgolfier (Les Républicains). Le Figaro-économie page 19.
  • "La lente érosion de l’assurance-vie, placement préféré des Français." La politique européenne de taux bas complique la tâche des assureurs pour maintenir des rendements intéressants. Le Monde Economie & entreprise page 3.

 

John Sutton

© Agence fédérale d'information mutualiste (Afim)