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Comment accouche-t-on en France ?

Une enquête inédite du Monde à partir des données statistiques de plus de 500 maternités, montre que les césariennes, péridurales et épisiotomies sont des actes fréquents lors des accouchements. Le quotidien souligne des disparités importantes selon les régions.

Davantage de normalité en matière d'accouchement et moins d'interventions "techniques". C'est ce que préconise la Haute Autorité de santé (HAS) dans une recommandation publiée le 25 janvier 2018. Dans le détail, rapporte Le Monde, l'agence suggère de "limiter les interventions techniques et médicamenteuses au minimum nécessaires", afin de respecter le rythme naturel de la naissance.

Le quotidien publie aujourd'hui une grande enquête basée sur les statistiques recueillies auprès de plus de 500 maternités. Son premier constat : les modalités de l'accouchement "restent très disparates en France".
Sur les 785.000 naissances de 2016, seules 1% ont eu lieu hors maternité. Par ailleurs, 20,2% sont le fait de césariennes. Les anesthésies péridurales ont de leur côté été pratiquées dans 82% des cas, et l'on compte 20% d'épisiotomies (incision du périnée). Après trente ans de hausse, observe le quotidien, ces pratiques se sont stabilisées.

Mais ce n'est pas le cas dans toutes les régions. A titre d'exemple, les césariennes sont davantage pratiquées en Ile-de-France (21 à 22,5% des naissances), alors qu'en Bourgogne-France-Comté leur taux se situe entre 15 à 17%.
"Ce ne sont pas seulement les quelques cliniques huppées qui expliquent la médicalisation en Ile-de-France, mais aussi des inégalités d’accès aux soins", écrit le Monde, qui cite Catherine Crenn-Hebert, membre de l’équipe chargée des indicateurs périnataux à l’Agence régionale de santé (ARS) d’Ile-de-France : "Il y a une très grande hétérogénéité des territoires avec pour certains, précarité et grossesses peu ou mal suivies, des mères plus âgées, des cas d’hypertension… Et l’organisation des maternités ne permet pas, le plus souvent, d’avoir un nombre de sages-femmes suffisant pour réaliser des accouchements physiologiques."

Même contraste régional pour les épisiotomies. Leur taux est de plus de 21% en Ile-de-France, contre 9% en Bourgogne-France-Comté. Il faut dire, observe Le Monde, que l’école obstétricale du centre hospitalier de Besançon contribue pour beaucoup à la limitation des interventions médicales (moins de 1 % d’épisiotomie), comme le soulignait, le 30 janvier 2018, le journal Libération.

La région Ile-de-France est également en tête pour les péridurales, avec 85% des actes, contre 76% pour le Grand-Est. "Pourtant, les accouchements physiologiques sont moins coûteux que ceux en maternité, ils nécessitent notamment moins de personnel et moins de matériel médical", assure, dans Le Monde  une sage-femme de la Maison de naissance de Grenoble. Adossée à la clinique Mutualiste de Grenoble, cette structure fait partie des établissements de naissance autorisés à titre expérimental depuis fin 2015.

Le mode opératoire des maternités intéresse de plus en plus les futurs parents. Les patientes, indique Le Monde, souhaitent en effet ne pas être mises devant le fait accompli, mais pouvoir donner leur consentement si des actes techniques sont nécessaires durant la naissance.

"Le consentement est un sujet à la croisée du droit des femmes et du droit des patients", explique Emmanuelle Phan, membre du conseil d’administration du Collectif interassociatif autour de la naissance (Ciane). Selon cette représentante, "beaucoup de femmes pensent qu’elles n’ont pas leur mot à dire sur la manière dont elles sont prises en charge". Or, la loi Kouchner de 2002 sur le droit des patients prévoit le contraire.

 

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Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)